Deux portes sur la mort (1947-?)

Tous les titres :

Bande Élastique (La)

Black Mountain (The)

Compagnons de la peur (Les)

Dans la plus stricte intimité

Deux portes sur la mort

Fer de lance

Fille sans nom (Une)

Homme aux orchidées (L')

Ici radio New York

Je vous regarderai mourir

Voix du mort (La)

Le titre anglais de la première partie est : Man Alive (1947).  Nouvelle publiée dans le recueil Three Doors to Death.

Le titre anglais de la deuxième partie est : Door to Death (fin 1940 ?).  Nouvelle publiée dans le recueil Three Doors to Death.

PREMIÈRE PARTIE

Comme d'habitude, il y a plusieurs pistes à suivre, dans la première partie de Deux portes sur la mort de Rex Stout.

D'abord celle du triangle amoureux.  Paul Nieder adorait "à la passion" Helen, la femme de Jean Daumery.  Si cette liaison est réelle, le problème doit absolument être résolu.  L'épouse et l'amant doivent être punis.  On ne sait pas comment les coupables seront punis, mais ils doivent l'être.  Voir, par exemple, Maigret et le client du samedi de Simenon et L'affaire Prothéro d' Agatha Christie.

Ward Roper est un autre personnage suspect.  L'auteur ne démontre pas la plus grande sympathie pour lui.  Roper, qui agace Goodwin, n'est "rien d'autre qu'un bon imitateur et adaptateur".  Il est élégant, mince et "soigné comme une jolie femme", mais possède une langue de vipère.  Roper est giflé deux bonnes fois pas Bernard Daumery.  Une partie de la description de Roper laisse entendre son caractère efféminé ou homosexuel.  Il y a plusieurs homosexuels dans les romans de Rex Stout auxquels l'auteur ne fait vraiment pas de cadeau : Ferdinand Bowen dans Les compagnons de la peur et Donald Pitcairn de la deuxième partie de Deux portes sur la mort.  On peut voir aussi Maigret au Picratt's de Simenon.  

Les homosexuels ne sont pas nécessairement les coupables principaux, mais ils passent généralement de mauvais quarts d'heures.  Je n'ai pas encore lu assez de Rex Stout pour savoir si c'est une tendance générale.  Ça reste à voir.

Le troisième suspect pourrait être Henry Demarest.  Il pourrait être un employé qui voudrait prendre la place de ses patrons.  Il entre dans l'histoire en ouvrant violemment une porte et en s'assoyant dans le fauteuil du patron.  Il semble écraser ceux qui devraient être ses supérieurs.  Mais l'auteur ne développe pas l'histoire dans ce sens-là.

Les deux pistes principales sont l'infidélité conjugale et l'homosexualité.  La première est la bonne.  Peut-être que, dans l'esprit de l'auteur, l'infidélité, de la part de l'épouse, était pire que l'homosexualité, l'homosexualité pire que la fraude et ainsi de suite ...  C'est seulement en lisant une partie substantielle de l'oeuvre d'un auteur qu'on peut espérer comprendre ses valeurs et établir une hiérarchie de ce qui est le plus grave et le moins grave.

Théoriquement, quand une femme trompe son mari, le mari, qui est innocent devrait pouvoir refaire sa vie, éventuellement se remarier et avoir d'autres enfants.  C'est rarement le cas dans les romans, comme par exemple L'assassin de Simenon.  Pourquoi ?  On peut faire plusieurs hypothèses à ce sujet.

C'est que, au 19ème siècle, le mariage était pour la vie, sans possibilité de séparation.  Pour la vie, c'est pour la vie.  Si un des deux membres du couple, que ce soit le mari ou la femme, commet des fautes ou ne fait pas son devoir, les autres membres de la famille sont affectés par la situation, mais ne peuvent pas y échapper.  Un mari qui est trompé par sa femme est innocent, mais ne peut pas refaire sa vie, parce que cela irait à l'encontre de la doctrine du mariage pour la vie.  Un homme n'a qu'une et une seule épouse légitime dans toute sa vie.  Il n'y a pas d'exception à la règle.

Même si la culpabilité de l'épouse est certaine, il faut envisager la question du remède, du châtiment.  La faute mérite-t-elle la peine de mort ?  Qui doit exécuter la sentence ?  le mari ?  Le mari a-t-il le droit de prendre la justice dans ses mains ?  Ne devrait-il pas s'en remettre aux autorités ? Le problème est difficile, parce que d'un point de vue légal le divorce pouvait être possible, alors qu'il ne l'était pas du point de vue moral et religieux.

Il n'est pas évident qu'un mari puisse impunément assassiner sa femme, parce que le meurtre est un crime grave et que c'est un facteur aggravant de commettre des crimes à l'intérieur d'une même famille.  Le mari doit s'en remettre aux autorités ou au hasard pour régler son problème et le hasard n'intervient pas toujours.

Le mari qui tue sa femme, comme dans ce cas-ci, ne s'en tire pas à bon compte, il est plutôt déprécié.  Jean Daumery est responsable de deux meurtres et condamné à mort.  Au 19ème siècle, il n'y avait pratiquement pas de solutions acceptables à ce genre de situation.  Le mari trompé est affecté par la conduite de son épouse, presque autant que si c'était lui qui avait commis un crime.

 

DEUXIÈME PARTIE

Ici on a l'occasion de vérifier l'hypothèse, formulée dans la première partie de Dans la plus stricte intimité, selon laquelle, chez Rex Stout, tout ce qui est lié à la bonne cuisine et l'horticulture est positif, en principe.  

Virgil Pompa représentait la gastronomie dans La plus stricte intimité, Andrew Krasicki représente le jardinage, dans ce texte-ci.  On ne peut pas dire que l'hypothèse est fausse puisque Krasicki se révèle innocent à la fin.

L'objet de l'enquête, dans ce texte, est de découvrir le meurtrier de Dini Lauer et ses mobiles.

Tout d'abord, la mort de Dini Lauer n'est pas du tout étonnante.  C'était une femme qui provoquait la passion chez les hommes et avait de nombreux amants.  Elle était dans la même situation que Valérie Gerdy et Juliette Chaffour dans L'affaire Lerouge de Gaboriau, Dinah Brand dans La moisson rouge de Dashiell Hammett et Adèle Noirhomme dans  Au Rendez-Vous des Terre-Neuvas de Simenon.  C'est le stéréotype de la femme qu'on liquide, quand elle devient encombrante.  Ces femmes ne sont pas toujours éliminées, mais elles sont toujours dépréciées, parce que la doctrine veut que l'homme domine la femme et non l'inverse.  Quand un homme aime une femme, il est dominé par cette femme.  La femme qui provoque la passion domine plusieurs hommes.  En plus, ces femmes sont rarement vertueuses et un homme ne peut pas fonder une famille avec une femme qui manque de vertu.  Andrew Krasicki aimait Dini Lauer au point de vouloir l'épouser, il devenait urgent de régler le problème.

En dressant la liste des suspects, on peut mettre le nom de Mme Pitcairn, parce que, souvent, quand une femme est malade, c'est pour la punir de son mauvais comportement ou pour l'empêcher de témoigner, comme pour Valérie Gerdy dans L'affaire Lerouge de Gaboriau ou Françoise Boursicault dans Maigret en meublé de Simenon.

Les membres de la famille Pitcairn ont tous l'air plus ou moins tarés.  Joseph n'est pas sympathique, Sybil est agressive et déteste les hommes, Donald est oisif, lunatique et ne s'intéresse pas aux femmes.  Cela semble encore indiquer une faute de l'épouse, parce que, elle seule, peut influencer tous les membres de la famille à ce point.

Joseph Pitcairn pourrait être le coupable, parce que c'est un homme qui a été amant de Dini Lauer.  Il a dû payer une importante compensation à une de ses anciennes maîtresses à laquelle il aurait fait un enfant.  Mais si Joseph Pitcairn était coupable, on devrait condamner un père de famille ayant des enfants.  Or, au 19ème siècle, les incartades du mari étaient considérées moins graves que celles de l'épouse.  On pourrait comparer Pitcairn à Émile Ducrau de L'écluse no 1 de Simenon, qui garde la sympathie de Maigret jusqu'à la fin.

Sybil Pitcairn pourrait être la coupable.  Elle est antipathique, "déteste les hommes et le crie sur les toits", "sait toujours tout mieux que tout le monde", à un tel point qu'on pourrait penser à une suffragette ou une féministe.

Mais dans cette histoire c'est la piste "homosexuelle" qui est la bonne.  Donald Pitcairn, qui ne s'intéressait pas aux femmes, s'intéressait à une femme en particulier : Dini Lauer, au point de vouloir l'épouser, malgré ses parents et de la tuer par jalousie.  Dans une certaine mentalité, un homme qui ne s'intéresse pas aux femmes est toujours un peu suspect. Ça cache quelque chose.  Surtout si on le compare à son père, qui a trompé sa femme plusieurs fois et n'est pas vraiment fusillé.

Il faudrait lire un plus grand nombre de Rex Stout pour pouvoir déterminer si le facteur homosexuel intervient dans un grand nombre de cas et pour pouvoir construire une hiérarchie des valeurs de l'auteur.

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PREMIÈRE PARTIE

Arouson, Herb.  

Chauffeur de taxi parfois employé par Wolfe.

Brackett. 

Accompagne Mlle Dougherty.

Brenner, Fritz. 

Cuisinier et intendant de Nero Wolfe.

Cramer. 

Massif; musclé; rouge de visage; allure agressive; inspecteur de la Brigade Criminelle; mâchonne des cigares; relations difficiles avec Wolfe.

Daumery, Bernard. 

Neveu de Jean Daumery; 28 ans; horreur de prendre des décisions; entêté; beau; bien bâti; bien habillé; amoureux de Cynthia Nieder ?; [s'il épousait Cynthia cela simplifierait la comptabilité]; indécis depuis la mort de Jean Daumery; père professeur à l'Université; deux sœurs plus jeunes; peut être décidé et agressif; va épouser Cynthia ?

Daumery, Jean. 

Cofondateur de Daumery et Nieder haute couture; s'occupait de la partie commerciale; mari d'Helen; mort noyé ?; tombé d'un bateau de pêche ?; seul témoin de la mort de sa femme; avait découvert la liaison de sa femme avec Paul Nieder; a tué sa femme [contrairement au docteur Bellamy dans Les vacances de Maigret de Simenon], voulait tuer Paul Nieder; écrasait Paul Nieder de sa supériorité, est disparu volontairement avec la complicité de Bernard pour que Paul Nieder reparaisse; assassin de Paul Nieder; condamné à mort; alias George Dickson; dur à cuire, mâchoire carrée; yeux noirs enfoncés dans leurs orbites; voix mordante et glaciale.

Daumery, Helen.

Morte; femme de Jean; tuée dans un accident de cheval ?; a été mannequin; beaucoup plus jeune que son mari; assassinée par son mari; [femme infidèle].

Demarest, Henry. 

Avoué; ami et exécuteur testamentaire de Paul Nieder; ouvre violemment la porte; larges épaules; bourrelets à la nuque; s'assoit dans le fauteuil du patron; agace Goodwin; exaspéré par Bernard Daumery; ami intime de Paul Nieder.

Dixon, Mlle.  

Remarquablement laide; cliente de Daumery et Nieder.

Dougherty, Mlle. 

De Bullock's Wilshire (vêtements ?); trouve que le talent de Cynthia s'affirme de plus en plus.

Driscoll, Mme. 

Aussi grosse que Wolfe; dirige une maison de couture le Driscoll's Emporium de Tulsa ?

Goodwin, Archie.  

Assistant; secrétaire de Nero Wolfe; célibataire; mesure un mètre quatre-vingts; père 85 kilos; 32 ans.

Gumpert, Mme. 

Journaliste au Herald Tribune.

Horstmann, Théodore. 

Jardinier de Nero Wolfe; âgé; sa mère est tombée malade; part demain.

Nieder, Cynthia. 

Ravissants yeux bleu clair; beauté; a hérité de la part de son oncle dans Daumery et Nieder; a perdu son père et sa mère à 14 ans; se querellait avec son oncle; nièce de Paul Nieder; son oncle l'a engagée chez Daumery et Nieder; 21 ans; modéliste et mannequin; profonde antipathie pour Helen Daumery; célibataire; a vu son oncle à New York ?; attirante; a poussé son oncle dans le geyser ?; modéliste de talent; délibérément et constamment tenue à l'écart de la gestion des affaires; va épouser Bernard ?

Nieder, Paul.  

Oncle de Cynthia; cofondateur de Daumery et Nieder haute couture; frère du père de Cynthia; modéliste; créateur; s'est suicidé il y a 1 an ?; célibataire; malheureux de la mort d'Helen Daumery; adorait Helen à la passion; a retiré tous ses vêtements et s'est jeté dans un geyser au Parc Yellowstone; ne serait pas mort ?; déguisé comme un bandit calabrais ?; frappé à la nuque et défiguré; fier de Cynthia; victime de Jean Daumery.

Panzer, Saul. 

Meilleur détective indépendant de tout New York; travaille pour Wolfe.

Pemberton, Agnes.  

Journaliste à Vogue.

Roper, Ward.  

Créateur de mode; ancien assistant de Paul Nieder; rien d'autre qu'un bon imitateur et adaptateur; voix huileuse; agace Goodwin; près de 50 ans; élégant et mince; soigné comme une jolie femme [efféminé ?]; talentueux; langue de vipère; giflé par Bernard Daumery; jaloux du talent de modéliste de Cynthia Nieder; agace Wolfe.

Stebbins, Purley. 

Sergent; policier.

Wolfe, Nero.  

Toujours aussi gros; 250 kilos; sort peu de sa maison; célibataire; célèbre; détective privé; déteste voir une femme pleurer; passe deux heures tous les après-midi avec ses orchidées : de 16 à 18 heures; habite 924, 35e Rue Ouest New York; déteste témoigner aux procès.

Zarella, Polly.  

Mlle; ouvre les portes le matin et ferme le soir; âgée; utilise beaucoup de rouge à lèvres; responsable de toute la production Daumery et Nieder; virtuose de l'aiguille et des ciseaux; admire Cynthia Nieder comme modéliste.

 

DEUXIÈME PARTIE

Archer, Cleveland. 

District Attorney du Comté de Westchester.

, Fred. 

Travaille pour Wolfe.

, Fritz.

Cuisinier de Wolfe.

Goodwin, Archie.  

Jeune et souple; détective privé; sympathie pour Andrew Krasicki; rêve d'assassiner Noonan; armé.

Hefferan, Florence. 

A été la maîtresse de Joseph Pitcairn; Joseph a tenté de l'étrangler; Joseph a payé cher pour la dédommager elle et sa famille et éviter un procès; attendait un enfant de Joseph ?

Hennie, Sonja.  

Athlète. 

Hewitt, Lewis.  

Connaissance de Nero Wolfe.

Horstmann, Théodore. 

Jardinier de Wolfe; parti temporairement; mère gravement malade.

Imbrie, Neil. 

Maître d'hôtel et chauffeur de Joseph Pitcairn; mari de Vera; a déjà pris Dini Lauer dans ses bras.

Imbrie, Vera.  

Cuisinière, femme de Neil.

Krasicki, Andrew.  

Excellent jardinier; Wolfe voudrait qu'il remplace Théodore; athlète blond; yeux bleus; visage souriant; beau; un peu plus âgé que Goodwin; dit Andy; [un aussi bon jardinier ne peut-être une mauvaise personne, comme le cuisinier Virgil Pompa dans Dans la plus stricte intimité]; engagé par Wolfe.

Lauer, Dini.  

Complètement défigurée; jolis cheveux châtain clair; mains fines; infirmière de Mme Pitcairn; devait épouser Andrew Krasicki; morte asphyxiée par le ciphogène; aimait faire marcher les hommes ?; aguicheuse; [mauvaise femme; femme qui provoque la passion]; affolait les humains de sexe mâle; assassinée par Donald Pitcairn.

Noonan. 

Lieutenant de la police d'État; se comporte comme un adjudant grognon; voix haineuse; détesté par Goodwin; brute galonnée; maniaque irresponsable. 

, Orrie. 

Travaille pour Wolfe.

Panzer, Saul. 

Travaille pour Wolfe; marié; apprécié par Wolfe.

Pitcairn, Donald. 

Fils de Joseph; écrit des contes; sensible ?; humeur changeante; ne fait jamais rien; s'est fait renvoyer de 4 collèges; [mauvaise mère ?], lunatique; même poids même volume que Goodwin; voulait épouser Dini Lauer; assassin de Dini Lauer; amour fou pour Dini Lauer; ses parents avaient menacé de le déshériter s'il l'épousait; s'intéresse pas aux femmes ?

Pitcairn, Joseph G. 

Patron d'Andrew Krasicki; autoritaire; amateur de golf distingué; capitaliste conscient et organisé; oisif de la fine espèce; a eu le nez brisé par un coup de club de golf; nez tordu; a été amoureux fou de Florence Hefferan; homme à femmes; a été amant de Dini Lauer; a fait un enfant à Florence Hefferan.

Pitcairn, Mme. 

Femme de Joseph; s'est blessée au dos en tombant dans le grand escalier; brave femme ?; courtaude et ronde; visage gras; force le respect; fortune personnelle.

Pitcairn, Sybil. 

Jeune femme; fille de Joseph; menton pointu; yeux verts; antipathique; engueule son père; fière comme personne; déteste les hommes et le crie sur les toits; se bagarre avec tout le monde; sait toujours tout mieux que tout le monde; agressive; aurait préféré s'occuper seule de sa mère.

Treble, Gus. 

Aide d'Andrew Krasicki; compétent; intelligent; exceptionnellement doué; jeune; détestait Dini Lauer.

Wolfe, Nero.  

Confortable embonpoint; poussif; a horreur de sortir; admire Krasicki; grisonne ferme; tellement connu; incorruptible. 

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- 1 -

[Cynthia Nieder] Oui. C'est non. 

[Ou l'inverse]


- 2 -

- [Archie Goodwin] Essayez [Nero Wolfe] de comprendre. Après tous mes mariages, il faudra évidemment que je m'installe dans un très vaste appartement, entre la Cinquième Avenue et Madison. Par une agréable soirée d'automne, je me tiendrai assis dans le living-room, lisant mon journal. Je le laisserai tomber par terre, frapperai dans mes mains, et hop ! entrera Isabel. Elle portera un tablier de cuisine en peau d'ange, avec incrustations, et poches dans la découpe, elle tiendra à la main un plateau de sandwiches au jambon, avec un pot de lait. Elle dira de son air le plus séducteur : "Deux cent quatre-vingt-treize", fera quelques évolutions et gestes gracieux sans renverser une goutte de lait, déposera le pot et le plateau sur une petite table, près de mon bras, et s'en ira. Et hop ! entrera Francine. Elle portera un pyjama au devant plaqué, aux épaules rembourrées, orné d'une longue ceinture bouffante ramenée par derrière. Elle marchera, ondulera, pivotera, annoncera : "Neuf cent trente et un", à quatre reprises, m'allumera une cigarette et s'en ira sur la pointe des pieds. Et hop ! entrera Delia. Elle ne sera vêtue que d'une combinaison de vraie dentelle, avec petits nœuds par devant, et par derrière un énorme …

 - Pfui ! souffla [Nero] Wolfe avec écoeurement, et il entrera une femme complètement nue, portant une grande corbeille emplie de factures, votre chéquier et un stylo.

Il ne comprend rien aux femmes !


- 3 -

- [Nero Wolfe] […] les femmes obéissent à des mobiles souvent étrangers à tout raisonnement intellectuel.

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