The black mountain (1954)

Tous les titres :

Bande Élastique (La)

Black Mountain (The)

Compagnons de la peur (Les)

Dans la plus stricte intimité

Deux portes sur la mort

Fer de lance

Fille sans nom (Une)

Homme aux orchidées (L')

Ici radio New York

Je vous regarderai mourir

Voix du mort (La)

Ce roman a été lu dans la version anglaise.  Le titre français est La montagne noire.

The black mountain (La montagne noire) de Rex Stout est plutôt un James Bond, qu'un Nero Wolfe classique.  Nero Wolfe qui, d'habitude, a de la difficulté à se lever de son fauteuil, gravit des montagnes presque au triple galop.

Au début, on se demande si le meurtre de Marko Vukcic n'est pas une question d'héritage ou de femmes, qu'on tente de déguiser en affaire politique.  C'est le côté politique qui l'emporte.

L'intention moralisatrice et pédagogique de l'auteur est évidente.  Il s'agit de comparer le système démocratique et le système communiste et de dire : nous sommes les meilleurs.  Selon l'auteur, le meilleur système est un système démocratique fondé sur la liberté, la justice et la responsabilité.

Le personnage qui défend le plus explicitement la position de l'auteur est Nero Wolfe, qui cite des extraits de la Constitution des États-Unis.

La Constitution des États-Unis a été conçue pour établir la justice, assurer la paix sociale, promouvoir le bien-être commun et garantir les bienfaits de la liberté.  L'article un de la Constitution protège la liberté d'expression, de presse, le droit de la population de s'assembler pacifiquement et de s'adresser au gouvernement.  Les citoyens ne peuvent pas être libres s'ils n'ont pas le droit de penser et de s'exprimer. 

L'article quatre protège les citoyens contre les arrestations abusives, les fouilles et les saisies déraisonnables.  Les gens ne sont pas libres si on peut les détenir, les fouiller et les déposséder de leurs biens sans raisons valables.

Donc la liberté est un fondement important de la démocratie.  La liberté ne peut être restreinte que pour des raisons qui ont à voir avec la justice.  On a tous les droits qu'on veut, sauf celui de faire du mal aux autres ou à la société.  D'une certaine manière, la justice est la limite de la liberté, parce que la liberté d'une personne ne peut être restreinte que si cette personne a commis un crime.

Un autre extrait du discours de Nero Wolfe éclaire le problème de la justice.  La justice ne doit pas être une affaire de vengeance personnelle ou d'abus.  En démocratie, le gouvernement est juste parce qu'il est élu et les lois sont justes parce qu'elles sont adoptées par le gouvernement.  Le gouvernement représente le peuple et ceux qui travaillent pour le gouvernement le font au nom du peuple.  Les juges et les policiers ne travaillent pas en leurs propres noms, pour régler leurs propres comptes ou abuser de leurs pouvoirs.  Ils n'ont d'autorité légitime, que dans la mesure où ils travaillent au nom du peuple.

En société, un crime est une affaire sociale.  Le coupable est responsable devant toute la société, pas seulement devant un individu ou les juges ou les policiers.  Comme le dit Nero Wolfe, un individu seul ne peut pas rendre lui-même la justice.  Un accusé doit être jugé par rapport aux lois, par des individus, juges et jurés, travaillant au nom du peuple.  La justice doit être, autant que possible, neutre et impartiale.

La justice ne peut exister que si responsabilité et la liberté existent aussi.  Les gens sont libres de faire ce qu'ils veulent, ils sont responsables, c'est-à-dire qu'ils sont capables de comprendre les lois et de les respecter.  Par conséquent, ceux qui violent les lois on choisi de le faire et sont punis, parce que les lois sont justes et nécessaires.

Les dictatures, comme celle de la Yougoslavie, n'offrent pas les garanties de liberté et de justice, ce qui les caractérisent, bien souvent, c'est la peur et la misère.

Les gens ont peur, parce que le gouvernement est répressif et que tout le monde espionne tout le monde.  Les parents espionnent leurs enfants, les enfants espionnent leurs parents, comme Jubé Bilic, et les voisins s'espionnent entre eux.

La misère règne parce que l'économie ne fonctionne pas très bien, de sorte que le niveau de vie est bas.  Les habitations sont délabrées.  Les gens, mêmes les dignitaires, sont mal habillés, mal coiffés ...  Alors qu'aux États-Unis, une automobile est banale, c'est une rareté en Yougoslavie.

Étant donné qu'il est dans une démonstration sur la démocratie, Rex Stout prend bien garde à la façon de faire les choses, dans ce roman.  On sait qu'un héros ne peut pas tirer sur quelqu'un de sang froid.  Aussi l'auteur arrange-t-il une scène spéciale où Archie Goodwin élimine les Albanais en état de légitime défense.  Nero Wolfe insiste pour ramener Peter Zov aux États-Unis et réussit, ce qui n'est pas particulièrement évident.

C'est bien d'avoir de beaux principes théoriques, mais la pratique n'est pas toujours conforme à la théorie.  Nero Wolfe prétend avoir du respect pour les représentants de la justice officielle, mais il se moque assez souvent d'eux.  Il cache des témoins, des pièces à conviction.  Il décide quand même un peu lui-même comment la justice va être rendue.  Wolfe agit toujours pour un bon motif, mais il ne respecte pas la théorie et il y a toujours un risque de commettre des erreurs ou des abus.  Nero Wolfe est pur et parfait, mais tout le monde ne l'est pas.

A un niveau plus élevé, on constate dans plusieurs textes de Rex Stout, comme dans Une fille sans nom, La bande élastique ou Dans la plus stricte intimité, une certaine tendance vers la justice expéditive, les coupables sont éliminés de manières violentes, sans procès.

Trois groupes distincts sont présents dans la Yougoslavie de Rex Stout : les partisans de Tito, les Russes/Albanais et un mouvement connu sous le nom de l'Esprit de la Montagne Noire.  Les pires sont les Russes/Albanais, qui sont éliminés par Archie Goodwin.  L'Esprit de la Montagne Noire, quant à lui, est le groupe des pro-occidentaux.  Ceux qui étaient financés par Marko Vukcic et Carla Britton.

Au cours du roman, on s'interroge au sujet de la loyauté de Danilo Vukcic.  Est-il un partisan de Tito, des Russes ou de l'Esprit de la Montagne Noire ?  Ce qu'on apprend de sa famille donne confiance.  Sa femme, Meta, a toutes les apparences d'être une excellente maîtresse de maison, dévouée et aimante.  Deux enfants complètent la famille : un garçon et une fille.  C'est le portrait de la famille honorable standard.  Danilo Vukcic se révèle un partisan de l'Esprit de la Montagne noire et un ami de Nero Wolfe.  Si Vukcic entretient des liens avec les partisans de Tito et les Russes, c'est qu'il y est bien obligé.

Peter Zov, le meurtrier de Marko Vukcic, est déprécié par l'auteur, d'abord par son apparence physique.  Zov n'est pas un grand prix de beauté, avec son nez aplati et son front fuyant.  La culpabilité de Zov ne fait pas de doute, son châtiment non plus.  Les Albanais commencent par le torturer et ses chances sont bonnes de finir sur la chaise électrique, aux États-Unis.  Les coupables sont toujours punis.

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Arnold, Thomas.

Consul américain à Bari; air fatigué; oreilles grosses comme des soucoupes.

Balar, Grudo.

Ancien ami de Nero Wolfe.

Battista, Guido.

Contact de Paolo Telesio; passeur entre l'Italie et la Yougoslavie; grand; mince; démarche féline; 60 ans; pas rasé.

Bilic, Jubé. 

Fils de George; jeune; grand et osseux; 18 ans; en congé de l'université; pas aimé par Goodwin; voix déplaisante; pas aimé par les autorités de Titograd; méprisé parce qu'il espionne son père; tué et s'est fait couper un doigt par des complices de Danilo Vukcic; rat.

Bilic, George. 

Monténégrin; père de Jubé.

Bizzaro, Angelo. 

Directeur de prison.

Britton, Carla.

Fille adoptive de Nero Wolfe; origine balkanique; cheveux foncés; accent; a travaillé dans une agence de voyage; a épousé le patron de l'agence : William R. Britton; veuve; peu de contacts avec Wolfe; séduisante; souple; a pratiqué la danse et l'escrime; disparue; associée au projet de libération de Marko Vukcic; arrivée à Bari; assassinée ?; exécutée par les Albanais.

Britton, William R. 

Mari de Carla; mort d'une crise cardiaque en 1950.

Bua. 

Albanais; tué par Goodwin; un des hommes qui torturait Peter Zov.

Cather, Orrie. 

Travaille pour Wolfe.

Cartright. 

De la Consolidated Products; client de Wolfe.

Courtney, Richard. 

Air d'un collégien distingué; de l'ambassade américaine.

Cramer. 

Policier; inspecteur; visage rond et rougeaud; yeux gris et froid; aime pas Felix Martin.

Davis, Elmer.  

A écrit "But We Were Born Free" [Mais nous sommes nés libres].

Dondero, Sue. 

Ancienne amie d'Archie Goodwin et Marko Vukcic.

Donovan. 

Sergent; policier.

Drogo, Giuseppe. 

Contact de Geoffrey Hitchcock à Rome.

Durkin, Fred. 

Travaille pour Wolfe.

Eads, Priscilla. 

Ancienne cliente de Nero Wolfe; morte.

Faber.

Médecin de la morgue.

, Fritz. 

Cuisinier de Nero Wolfe.

Garibaldi. 

Homme politique italien.

Goodwin, Archie. 

Secrétaire de Nero Wolfe; détective privé; nom d'emprunt Alex; faux nom = Alex Gunther.

Hitchcock, Geoffrey. 

Habite Londres; connaissance de Nero Wolfe.

, Jin. 

Fonctionnaire yougoslave.

, Joe. 

Employé du Rusterman; bâti comme un lutteur; héritier de Vukcic.

Kosor, Stan.

Complice de Josip Pasic.

, Leo.

Employé du Rusterman; héritier de Vukcic.

Levstik.

Subordonné de Gospo Stritar.

Malenkov, Georgi.

Homme politique communiste russe.

Martin, Felix.  

Employé du Rusterman; petit; yeux noirs; cheveux gris; voix grave; héritier de Vukcic; marié; 4 enfants.

Panzer, Saul. 

Travaille pour Wolfe..

Parker, Nathaniel.  

Avocat.

Pasic, Josip.

Contact de Paolo Telesio.

, Paul.  

Mêlé au projet de Marko et Carla.

Protic, Stefan.

Complice de Danilo Vukcic; épaules larges; visage long et mince.

Rowan, Lily. 

Amie d'Archie Goodwin.

Rowcliff. 

Lieutenant de la Brigade Criminelle; aime pas Goodwin et Wolfe.

Shuvalov, Dmitri.  

Un des trois plus importants agents russes en Albanie; avait capturé et faisait torturer Peter Zov; tué par Archie Goodwin.

Stahl, Mr.  

Du F.B.I.; haut gradé; taille moyenne; un peu de calvitie; mâchoire proéminente; déprécié.

Stebbins, Purley. 

Sergent; policier.

Stritar, Gospo. 

Un des dirigeants de Titograd; costaud; aime pas Jubé Bilic; aurait besoin d'une coupe de cheveux.

Teague, Mr. 

Secrétaire de l'ambassade américaine à Rome.

Telesio, Paolo.  

Habite Bari en Italie; a déjà sauvé la vie de Wolfe; rude; cheveux gris; coriace; conduit dangereusement; courageux.

Tennyson. 

Poète anglais.

, Thedore.  

Jardinier de Wolfe.

Tito. 

Maréchal; président de la Yougoslavie.

Trumbic. 

Subordonné de Gospo Stritar.

Vidin. 

Vieux; Monténégrin; ancienne connaissance de Nero Wolfe.

, Vincent.  

Portier du Rusterman; mesure 6 pieds; mâchoire carrée.

Vukcic, Danilo.  

Neveu de Marko Vukcic; mari de Meta; père d'Ivan et de Zosha; accepte de l'argent de Tito; des russes et de l'Esprit de la Montagne Noire; en fait représentant de l'Esprit de la Montagne Noire; du côté de Nero Wolfe.

Vukcic, Ivan. 

Fils de Danilo et Meta; 5 ans.

Vukcic, Marko. 

Assassiné; propriétaire du restaurant Rusterman; un des dix hommes que Wolfe appelle par son prénom; riche; veuf; plus vieil ami de Wolfe; s'intéressait aux femmes; naïf; impliqué dans un projet de libération de son peuple; assassiné par Zov parce qu'il finançait l'Esprit de la Montagne Noire; incinéré; pas de service funèbre; [Connu sous le nom de Marko Senta dans la première partie de Dans la plus stricte intimité. Aussi présent dans La Sauce Zingara].

Vukcic, Meta. 

Femme de Danilo Vukcic; bonne maîtresse de maison.

Vukcic, Zosha.

Fille de Danilo et Meta; 3 ans.

Wolfe, Nero. 

Détective privé à Manhattan depuis plus de 20 ans; dînait régulièrement avec Marko Vukcic; a connu Marko Vukcic au Monténégro pendant son enfance; riche; méfiant envers le projet de Marko et de Carla; pyjama jaune; mule; comprend 8 langues; nom d'emprunt : Toné Stara; né au Monténégro; gros et gras; faux nom = Carl Gunther.

Zov, Peter. 

Laid;  nez aplati; front fuyant; jeune; homme d'action; torturé par les Albanais; assassin de Marko Vukcic; faux nom = Victor Rizzo; tente d'assassiner Nero Wolfe; livré à la Justice aux États-Unis.

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- 1 -

[Un passager d'avion] Mon Dieu […] on m'a extorqué trente dollars pour un surplus de bagages et regardez-le [Nero Wolfe].

[Ma traduction]


- 2 -

[Nero Wolfe] Si la vengeance personnelle était la seule chose qui importait [pour venger la mort de Marko Vukcic] je pourrais […] poignarder [Zov] et en finir, mais cela serait accepter la doctrine intolérable selon laquelle la seule responsabilité d'un homme est envers lui-même. C'était la doctrine d'Hitler. C'est maintenant la doctrine de Malenkov, Tito, Franco et du sénateur McCarthy; en se posant comme un des fondements de la liberté elle est une des plus vieilles et des plus dures ennemies de la liberté. Je la rejette et la condamne. […] J'ai parfois été tyrannique envers les protecteurs officiels de la liberté dans mon pays d'adoption - les officiers de justice. […] Mais je n'ai jamais mis en doute leur autorité légitime ou tenté d'usurper leurs pouvoirs légaux, le fait d'être temporairement chez des dictateurs barbares ne me donne pas le droit de partager leurs doctrines et d'utiliser leurs méthodes. Marko [Vukcic] a été assassiné à New York. Son meurtrier est responsable devant le peuple de l'État de New York, et non devant moi.

[Ma traduction]


- 3 -

Nous, Peuple des États-Unis, pour former une Union plus parfaite, établir la justice, assurer la paix sociale, pourvoir à une défense commune; promouvoir le bien-être commun et garantir les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à nos descendants, ordonnons et établissons cette Constitution pour les États-Unis d'Amérique. […] Article Un. Le Congrès ne peut faire aucune loi pour établir une religion, ou en interdire l'exercice; ou restreindre le droit de la population de s'assembler pacifiquement ou de présenter des pétitions au Gouvernement pour obtenir la répartition de torts.   […] Article Quatre. […] Le droit des gens d'être protégé dans leurs personnes, leurs maisons, leurs documents et leurs biens, contre des fouilles et des saisies déraisonnables, ne saurait être violé, et aucun mandat ne saurait être établi; sauf pour des causes probables, appuyées par serment ou déclaration solennelle, le mandat doit en particulier décrire l'endroit à perquisitionner, et les personnes ou les biens à saisir. 

[Extraits de la Constitution des États-Unis]

[Ma traduction]

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