Le chat (1966)

Tous les titres :

Affaire Lefrançois (L')

Amiral a disparu (L')

Assassin (L')

Au Rendez - Vous des Terre - Neuvas

Blanc à lunettes (Le)

Capitaine du Vasco (Le)

Châle de Marie Dudon (Le)

Chat (Le)

Cheminée du Lorraine (La)

Deuil de Fonsine (Le)

Écluse no 1 (L')

Étrangleur de Moret (L')

G.7

Gens d'en face (Les)

Guinguette à deux sous (La)

Homme tatoué (L')

Homme tout nu (L')

Inconnue d'Étretat (L')

Inspecteur Cadavre (L')

Jument perdue (La)

Larmes de bougies (Les)

Maigret et Monsieur Charles

Maison du canal (La)

Mariés du premier décembre (Les)

Mystères du Grand - Saint - Georges (Les)

Novembre

Otto Müller

Pacha (Le)

Péniche aux deux pendus (La)

Quarante - cinq degrés à l'ombre

Quartier nègre

Stan le tueur

Suspect(Le)

Témoignage de l'enfant de choeur (Le)

Valérie s'en va

Georges Simenon était un pessimiste, misanthrope, misogyne.  Les relations de couples ne sont jamais faciles chez lui.  Marguerite et Émile Bouin, du roman Le Chat, n'échappent pas à la règle.

En fait, il y a deux histoires parallèles, dans ce roman.  Premièrement, la relation entre Marguerite et Émile, deuxièmement, la relation de Marguerite avec la propriété de sa famille.

Ce roman permet d'analyser la philosophie de l'auteur et de voir plusieurs des stéréotypes qui lui étaient chers.

Pour Simenon, un vrai homme, est une grande brute, comme Émile Bouin.  Celui-ci est épais, costaud et vulgaire.  Il aime bien faire du bruit, boire et manger salement pour scandaliser Marguerite.

Marguerite, quant à elle, représente la femme honorable.  Elle est raffinée, mélancolique, résignée et distinguée.  Marguerite occupe son temps à tricoter.  Comme souvent, pour les femmes honorables, chez Simenon, Marguerite est aussi décrite comme une femme abusive et conservatrice qui empêche son mari de vivre.  Il faut toujours relativiser ces sortes de jugements, parce que l'auteur était quelqu'un qui plaidait sa propre cause.

Apparemment, Émile déteste Marguerite, alors qu'il préfère Angèle ou Nelly, mais nous ne sommes pas obligés de tomber dans le piège tendu par l'auteur.  Nous savons que, selon la doctrine du dix-neuvième siècle, il existe deux sortes de femmes : les femmes honorables et les putes.  Les femmes honorables sont celles qu'on épouse, alors que les putes sont des femmes méprisables qu'on liquide quand elles deviennent encombrantes.  Lire à ce sujet Le crime d'Orcival et L'affaire Lerouge d'Émile Gaboriau et Les vacances d'Hercule Poirot et La mort n'est pas une fin d'Agatha Christie.

Comment fait-on pour savoir qu'une femme est une pute ?  C'est qu'elle possède plusieurs des traits qui caractérisent Angèle Bouin, au niveau de l'apparence, du comportement et des goûts.  Angèle Bouin a été bonne d'enfants et vendeuse dans une charcuterie, autrement dit une servante et tout le monde sait que les servantes sont des putes.  Angèle négligeait la cuisine et le ménage pour aller au cinéma dans la journée, par contre elle buvait, était vulgaire et avait une sexualité ardente, alors que les femmes honorables n'ont de sexualité que pour faire des enfants.  Angèle faisait tout ce qu'il ne fallait pas faire.  On ne peut pas croire qu'Émile préférait réellement Angèle à Marguerite.  En fait, Émile a été débarrassé d'Angèle par un accident d'autobus très opportun.  C'est Marguerite qui est la préférée.  Celle avec laquelle Émile finira ses jours.

Nelly est une pute comme Angèle.  C'est une propriétaire d'hôtel, qui couche avec les clients.  Elle trompait son mari Théo.  Nelly a déjà été officiellement pute boulevard de Sébastopol.  Le séjour d'Émile chez Nelly ne dure que dix jours, preuve supplémentaire que Marguerite est la préférée, même si l'auteur ne veut pas le dire.

Si Marguerite est préférée à Angèle et à Nelly, pourquoi elle et Émile ne s'entendent-ils pas mieux ?  C'est que, comme il a été dit au début, Simenon était un très doctrinaire pessimiste, misogyne, misanthrope.  Pour un tel philosophe, tout va toujours mal.  Tout va mal, même quand tout va bien.  La révolte d'Émile envers Marguerite n'est qu'artificielle.  Il n'a jamais été question de séparation entre les deux.

En plus de sa relation difficile avec Émile, Marguerite est affectée par les soucis que lui causent la destruction d'une partie de la propriété de sa famille.

Ce qui advient de la propriété des Doise illustre les différences qui existent entre le monde bourgeois et le monde aristocratique.

Le grand-père Arthur, le fondateur de la biscuiterie Doise était un homme doué pour les affaires, qui consacrait tout son temps à son entreprise.  La réussite et la prospérité ont récompensé son travail et son talent.

Sébastien, le fils d'Arthur était un joueur qui s'occupait beaucoup moins bien de ses affaires.  Il a été acculé à la ruine.  Le monde bourgeois, contrairement au monde aristocratique, est un monde où rien n'est acquis pour l'éternité.  C'est le monde de la sélection naturelle, de la loi du plus fort, où chacun doit faire ses preuves.  Ceux qui sont doués et qui travaillent fort réussissent.  Ceux qui sont moins doués réussissent moins bien et c'est normal.  Une famille peut être ruinée aussi vite qu'elle peut s'enrichir.  On n'a qu'à comparer cette situation à celle qu'on peut voir dans Monsieur Lecoq d'Émile Gaboriau.  Dans Monsieur Lecoq, les Sairmeuse (des aristocrates), n'ont qu'à paraître pour reprendre leur domaine des mains des Lacheneur (des bourgeois).  Les aristocrates du passé ne pouvaient pas être ruinés, puisqu'ils avaient des propriétés et des privilèges de droit divin.

Comme les Doise étaient incapables de s'occuper de leurs propriétés eux-mêmes, elles ont été rachetées par les Sallenave, d'anciens employés des Doise.  C'est la sélection naturelle.

Marguerite Bouin était tellement attachée à la propriété de sa famille qu'elle meurt au moment où on commence à détruire les maisons qui ont appartenu aux Doise.

Marguerite et Émile ont peut-être bien vécu comme chien et chat toute leur vie, pourtant Émile est abasourdi par la mort de sa femme, parce que la famille est un des fondements de la société, parce que la règle est le mariage obligatoire, sans amour, pour la vie.  Émile Bouin a perdu une partie importante de lui-même et n'a presque plus de raison de vivre.

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Blanquet, Mme.  

Femme de ménage d'Angèle et Émile Bouin; vieille

Bouin, Angèle.

Première femme d'Émile Bouin; heurtée par un autobus; a été impotente deux ans; fille de rien; grosses mains rouges; a trait les vaches dans sa jeunesse; fille de la campagne; bien charpentée; née Delige; a été bonne d'enfants et vendeuse dans une charcuterie; pas distinguée; gaieté bruyante; adorait le cinéma, y allait seule l'après-midi et emmenait Émile le soir; cela l'amusait de se sentir saoule; laisser-aller pour les repas et le ménage; sexualité ardente; bonne et saine vulgarité;  trompait Émile ?; brave petite qui faisait son possible pour rendre Émile heureux; [pute -> mauvaise épouse -> pas d'enfants]; posait pas de questions; pas jalouse; vraie femme; femelle; voix gouailleuse vulgaire; a fait de l'urémie; morte; mal supportée par la mère d'Émile.

Bouin, Émile. 

73 ans; mange beaucoup; manifeste son appétit de façon bruyante; vulgaire; mange salement; se gave d'oignons comme les gens du peuple; retraité; maigrit; grand; autrefois large épais costaud; s'éveille à six heures tous les matins; père maçon; a été maçon; a passé des examens de contremaître; a été inspecteur des travaux au service de la voirie; s'est remarié à 65 ans avec Marguerite; veuf d'Angèle; quand Angèle était impotente faisait le ménage, les repas, les courses; baptisé; a fait sa première communion; dans sa famille personne allait à la messe ce qui n'a pas empêché son père et sa mère d'avoir des obsèques religieuses; a une soeur qui a d'abord mal tourné [???]; soeur mariée à un meunier de Tours; sa soeur a deux enfants une grande maison et voiture américaine; se sent pas vieux; fume des cigares italiens appelés clous de cercueil; pas de sexe avec Marguerite; mâle; brute; façon lourde de marcher; ni heureux ni malheureux; pas d'enfants; trompait Angèle; fait une partie du ménage avec Marguerite; a eu l'air d'une grande brute; a épousé Marguerite pour son argent ?; à peu près aussi riche que Marguerite; marié sous le régime de séparation des biens; avait appelé son chat Joseph; pas un coléreux; se bat rarement; lui et Marguerite s'adressent plus la parole; brute de surveillant de travaux; a trompé Marguerite; hait et méprise Marguerite; regrette Angèle [???]; déplume le perroquet de Marguerite; aime pas qu'on le plaigne; est un homme et s'est toujours suffi à lui-même; par moment confond Marguerite avec sa mère; manières frustres; marié à l'église et à la mairie; a la mort en horreur; amant de Nelly; aime bien Nelly; déteste les dimanches; était impressionné par Marguerite et son monde [raffinement et opulence]; un dieu pour son chat; a pas essayé de s'intégrer dans l'univers de Marguerite; peur de Marguerite; mère a survécu au père; mère morte; hait Marguerite et Mme Martin; boit trop; plus de famille; a fait la guerre de 14 ?; père prudent ou résigné; mère sévère; timide ?; monstre; a habité chez Nelly pendant dix jours; déteste être jugé et deviné; [révolte enfantine comme dans Feux rouges]; revient avec Marguerite; boit beaucoup; survit à sa femme.

Bouin, Marguerite. 

Femme d'Émile; tricote; surveille son mari; rien ne lui échappe; 71 ans; petite et menue; ses traits expriment la douceur, la mélancolie, la résignation; a empoisonné le chat d'Émile; douce; presque suave; distinguée; parcourt le journal; incommodée par l'odeur d'oignons; a été une jeune fille anémique; mange avec frugalité; mastique comme une souris; son père l'appelait son petit oiseau; son premier mari l'appelait sa colombe fragile; mains si blanches; peau presque transparente; sentimentale; beaucoup plus abîmée qu'Émile; fille de Sébastien Doise; veuve de Frédéric Charmois; s'est remariée à 63 ans avec Émile; assiste à la messe; tout un temps a communié chaque matin; brouillée avec le curé; propriétaire de maisons; son visage avait une expression douce et bienveillante; sorte d'aristocrate; mariée avec Charmois plus de 30 ans; petite et fluette; jambes enflées; appétit d'oiseau; pas d'héritiers directs ou indirects; méchante; très pieuse; air distingué; sourire doux et résigné; riche héritière; a épousé Émile par peur de rester seule; faible; désemparée; déteste les deux Sallenave; ne s'intéresse qu'à elle-même; avare ?; a épousé Émile pour ne pas avoir quelqu'un à payer ?; aucune affection pour Émile; pour elle Émile est un domestique; choquée par les manières d'Émile; garce; ordure; appelait son perroquet "Coco"; toute sa vie a prévu des malheurs; peur de la misère; a voulu Émile par peur de la solitude; veut pas divorcer parce que catholique; [veut plus parler à Émile mais signe Marguerite Bouin quand même]; étrangère; sûre d'elle; suit le droit chemin; mémoire longue; besoin d'être malheureuse; fanée et terne; s'habille de teintes claires; cruelle; vicieuse; pur esprit; bonne femme quelconque usée fatiguée; humilité; prunelle bleu pâle; a flanqué Mme Martin à la porte; agressive; de plus en plus terne; touchée par la démolition des maisons; meurt.

Burnier.  

Docteur.

Charles.   

Le père Charles; tient un restaurant ?

Charmois, Frédéric. 

Premier mari de Marguerite Bouin; mince; distingué; l'air d'un poète; portait une fine moustache et une barbiche en pointe; premier violon à l'Opéra; sourire doux et vague; politesse à la fois timide et un tantinet condescendante; mou qui s'était laissé berner pendant plus de trente ans; mort.

Colonel, Le. 

Mort; ancien ami d'Émile Bouin.

Désiré.

Le grand Désiré; ancien ami d'Émile Bouin; mort.

Doise, Arthur.  

Grand-père de Marguerite Bouin; père de Sébastien et Éléonore; fondateur de la Biscuiterie Doise; portait favoris; redingote et col très haut; consacrait tout son temps à la biscuiterie.

Doise, Éléonore. 

Fille d'Arthur; soeur de Sébastien; morte de tuberculose à 13 ans; [une riche héritière de moins].

Doise, Sébastien. 

Père de Marguerite Bouin; sa femme est morte de phtisie en bas âge; fabricant de biscuits; a fait construire les maisons de l'impasse; fils d'Arthur; frère d'Éléonore; bedonnant; marié à 40 ans; fréquentait les cercles; allait aux courses; joueur ?; acculé à la faillite; a vendu aux Sallenave; gros gâteux; pécheur.

Léon. 

Le Gros Léon; contremaître sur un chantier; vieux camarade d'Émile Bouin.

Martin, Mme.  

10 ans plus jeune que Marguerite Bouin; très brune; vigoureuse; épaules d'homme; ombre de moustache; vulgaire; sorcière de quartier; regard noir; maquillage excessif; mal fagotée; tirait les cartes; la police s'en est occupée; a de l'argent de côté; s'inonde de parfum bon marché; vipère; chipie; a été utilisée par Marguerite Bouin contre Émile; mise à la porte par Marguerite.

Nelly.

Émile la connaît depuis 10-15 ans; veuve de Théo; juteuse; 20 ans plus jeune que Théo; nombreux amants; toujours prête à faire l'amour aussi naturellement que les clients buvaient un petit verre; ne porte pas de culotte pour ne pas rater une occasion; goguenarde; trompait Théo; toujours vêtue de noir; on dirait la même robe; environ 45 ans; à tout le monde comme une fille publique; donne du plaisir sans rien attendre en échange; putain; ne prend rien au tragique; mariée à la mairie; sans préjugés; connaît bien les hommes ne leur demande pas plus qu'ils ne peuvent donner; a été putain boulevard de Sébastopol; [pas d'enfants].

Perrin.  

Vétérinaire; petit homme boitillant; pardessus étriqué.

Piquet, Mlle.  

Ancienne gouvernante de Marguerite Bouin.

Prou, Raoul.  

Boucher; plaisante avec les clientes.

Sallenave, Raoul.  

Introduit par son père dans les Biscuits Doise; fils de Victor; dirige les anciens Biscuits Doise; habite un vaste appartement; propriétaire de la moitié des maisons du square qu'il a vendues.

Sallenave, Victor.  

A racheté les Biscuits Doise; a été comptable d'Arthur Doise; père de Raoul; mort.

Théo.  

Ancien mari de Nelly; teint rougeâtre; mort d'une embolie voilà 7 ans; mort à 62-63 ans; a connu Nelly comme pute.

Voiron.  

Ancien ami d'Émile Bouin.

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- 1 -

- [Émile Bouin] […] Il y a presque toujours des jeunettes qui rôdent autour des chantiers …

- [Angèle Bouin] Tu n'as pas honte d'en profiter ? 

- Non. 

- Cela te fait le même effet qu'avec moi ? 

- Pas tout à fait.

- Pourquoi ? 

- Parce que je t'aime …  Avec les autres, c'est comme de boire une chopine … 

- Si elles savaient ce que tu penses d'elles …

- Elles ne s'en font pas … Il arrive qu'on se les repasses l'un à l'autre …

[Comparer avec Lettre à mon juge.]


- 2 -

Avec Angèle aussi, il [Émile Bouin] avait son franc-parler, qu'il poussait parfois assez loin.

- [Émile Bouin] Viens ici, tête de mule …

- [Angèle Bouin] Pourquoi m'appelles-tu tête de mule ?

- Parce que tu es comme toutes les femmes. A te voir, on jurerait que tu te décarcasses pour me contenter, qu'à tes yeux rien ne compte que moi. En réalité, tout comme une mule, tu n'agis qu'à ta tête …

- Ce n'est pas vrai. Je t'obéis toujours …

- Dans un sens, oui. Quand tu as envie de faire quelque chose, tu me persuades que c'est moi qui en ai le désir … Mais si, ma vieille … Je te connais, va ! … Tu es aussi putain que les autres …

- Tu n'as pas honte ?

- Non …

Ils finissaient tous les deux pas éclater de rire et, le plus souvent, par rouler sur le lit.


- 3 -

Ils [Marguerite et Émile Bouin]  n’avaient jamais prononcé le mot amour.  Ce n’était plus de leur âge.  Était-ce de l’amour qu’il avait eu pour Angèle, sa première femme, et, malgré ses simagrées, Marguerite avait-elle réellement aimé son premier mari ?

[Mariage sans amour.]


- 4 -

- [Marguerite Bouin] C'est vrai que ta première femme n'était pas jalouse ? …

- [Émile Bouin] C'est vrai …

- Donc, elle ne t'aimait pas …

- Je crois que si … Nous nous entendions bien …

- Tu étais heureux avec elle [Angèle Bouin] ? …

- Je ne me sentais pas malheureux …


- 5 -

Devenu veuf, il [Émile Bouin] avait pensé presque sérieusement à elle [Nelly], plusieurs fois, car Théo était déjà mort.

Cela le gênait, certes, que tant de gens soient passés comme lui dans la cuisine [de Nelly]. Il se doutait qu'elle ne deviendrait jamais une femme fidèle. Mais Angèle lui avait-elle été fidèle ? Il l'ignorait, préférait ne pas se poser la question. 

[Émile Bouin n'a jamais réellement songé à se mettre en ménage avec Nelly.]


- 6 -

C'était lui [Émile Bouin] qui avait eu tort. Il n'aurait pas dû l'épouser [Marguerite]. Qu'est-ce qui l'avait poussé à revenir, tant d'après-midi, dans la petite maison où elle lui offrait une tasse de café et, plus tard, un verre de vin ?

Cela ne l'impressionnait-il pas qu'elle soit la propriétaire de la moitié de l'impasse, la fille de Sébastien Doise, un être délicat, d'une élégance un peu fanée dans ses vêtements aux tons pastels ?

Il n'avait pas pensé à l'argent. Pas crûment. L'argent s'inscrivait néanmoins comme en arrière-fond de cette rangée de maisons qui appartenaient à Marguerite [...]

[Émile a épousé Marguerite parce qu'elle était une femme honorable, qu'elle l'impressionnait et qu'elle avait de l'argent, ce qui n'est jamais à dédaigner.]


- 7 -

Ils [Marguerite et Émile Bouin] avaient vécu ainsi dans leur coin, s'irritant des gestes, des intonations de l'autre.

N'avaient-ils pas fini par y prendre un secret plaisir ? Les enfants jouent à la petite guerre. Pour eux, à présent, c'était la grande guerre, plus passionnante encore.

[Simenon prenait plaisir à ces guerres.]


- 8 -

Ni l’un ni l’autre [Marguerite et Émile Bouin]  n’avait le droit de désarmer.  C’était devenu leur vie.  Il leur était aussi naturel, aussi nécessaire, de s’envoyer des billets venimeux, qu’à d’autres d’échanger des politesses ou des baisers.

[L'amour et la haine c'est la même chose.]


- 9 -

N’as-t-on pas raison de dire qu’il faut rester dans son milieu [à propos du mariage] ?

[Mariage de convention selon les classes sociales.]

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