Poirot : Les vacances d'Hercule Poirot (1941)

Tous les titres :

A.B.C. contre Poirot

À l'hôtel Bertram

Affaire Prothéro ( L')

Aventure de l'"Étoile de l'Ouest" (L')

Aventure de l'appartement bon marché (L')

Aventure du tombeau égyptien (L')

Cadavre dans la bibliothèque (Un)

Cartes sur tables

Chat et les pigeons (Le)

Cheval à bascule (Le)

Cheval pâle (Le)

Cinq heures vingt-cinq

Cinq petits cochons

Club du mardi (Le)

Couteau sur la nuque (Le)

Crime d'Halloween (Le)

Crime de l'Orient-Express (Le)

Crime de Regent's Court (Le)

Crime du golf (Le)

Demoiselle de compagnie (La)

Destination inconnue

Dernière énigme (La)

Disparition de Mr. Davenheim (La)

Dix petits nègres

Double péché

Drame en trois actes

Énigme du testament de Mr. Marsh (L')

Enlèvement du Premier Ministre (L')

Flux et le reflux (Le)

Géranium bleu (Le)

Guêpier (Le)

Heure zéro (L')

Homme au complet marron (L')

Indice de trop (Un)

Indiscrétions d'Hercule Poirot (Les)

Jeux de glaces

Lingots d'or (Les)

Maison biscornue (La)

Major parlait trop (Le)

Mémoire d'éléphant (Une)

Meurtre au champagne

Meurtre de Roger Ackroyd (Le)

Meurtre en Mésopotamie

Meurtre sera commis le ... (Un)

Mort avait les dents blanches (Le)

Mort n'est pas une fin (La)

Mort sur le Nil

Motif contre occasion

Mrs Mac Ginty est morte

Mystère de Hunters's Lodge (Le)

Mystère du bahut espagnol (Le)

Mystère du vase bleu (Le)

Mystérieuse affaire de Styles (La)

N. ou M.

Némésis

Noël d'Hercule Poirot (Le)

Noyée au village (Une)

Nuit qui ne finit pas (La)

Pendules (Les)

Pension Vanilos

Plume empoisonnée (La)

Poignée de seigle (Une)

Poirot joue le jeu

Poirot quitte la scène

Pouce de saint Pierre (Le)

Poupée de la couturière (La)

Quatre (Les)

Quatre suspects (Les)

Rendez-vous à Bagdad

Rendez-vous avec la mort

Retour d'Hercule Poirot (Le)

Rêve (Le)

Sanctuaire d'Astarté (Le)

Sept cadrans (Les)

Seuil ensanglanté (Le)

Signal rouge (Le)

S.O.S.

Témoin indésirable

Témoin muet

Témoin à charge

Trio à Rhodes

T.S.F.

Train bleu (Le)

Tragédie de Mardson Manor (La)

Train de 16 h 50 (Le)

Troisième fille (La)

Vacances d'Hercule Poirot (Les)

Vallon (Le)

Vol d'un million de dollars de bons

En lisant Les vacances d'Hercule Poirot d'Agatha Christie, on est tout de suite frappé par le personnage d'Arlena Stuart.  C'est une femme trop belle, trop spectaculaire, qui attire les hommes, collectionne les amants et détruit les ménages.  Arlena Stuart est une victime désignée.  On se doute qu'elle ne verra pas la fin du roman.  Le détail inédit est qu'Arlena est décrite comme une femme exploitée par les hommes, alors que d'habitude ce genre de femme exploite et ruine les hommes, comme Juliette Chaffour de l'Affaire Lerouge d'Émile Gaboriau.  Mais qu'elle exploite les hommes ou qu'elle soit exploitée par eux, le résultat est le même pour elle.  Arlena Stuart est une sorte de stéréotype de la femme fatale.  Elle ressemble beaucoup à Ellen Landini du Gardien des clefs d'Earl Derr Biggers.

Le femme fatale était mal vue au 19ème siècle parce qu'elle détruisait les ménages, alors que le mariage était censé être pour la vie.  A cause du désordre qu'elle provoquait dans la société, la femme fatale méritait la peine de mort.

Faisons le tour des suspects que nous avons à nous mettre sous la dent.

Le révérend Stephen Lane n'est pas un personnage très sympathique.  Il est très sectaire, obsédé par le Démon et les femmes impures, mais il n'est pas coupable du meurtre d'Arlena Stuart.  Souvent, dans l'oeuvre d'Agatha Christie, les pasteurs et révérends sont présentés comme des individus rétrogrades, mal foutus et mal habillés, c'est triste, mais c'est leur rôle d'être comme cela.  Ils doivent prêcher et représenter la vertu.  Ils n'ont pas à être rigolos.  Stephan Lane est ni plus ni moins sympathique que Mildred Strete, dans Jeux de glaces.  Les pasteurs ne sont pas gais, mais ils sont honorables.  Ils ne sont jamais coupables de crimes graves.  Théoriquement, Stephen Lane ne pouvait pas être coupable, à moins d'être un faux révérend. 

Ceux qui veulent vivre dans une société organisée, régie par des lois doivent croire en un certain nombre de valeurs et d'institutions.  Il faut croire en quelque chose.  Il faut croire à la vertu, à l'honnêteté.  Certaines personnes, à cause de leur profession, doivent particulièrement symboliser la vertu, par exemple les prêtres et les policiers.  Il y a très peu, s'il y en a, de flics corrompus chez Agatha Christie ou chez Simenon.

Emily Brewster est un personnage un peu bizarre et suspect, parce qu'elle est à mi-chemin entre l'homme et la femme, mais on peut se demander si elle aurait pu étrangler Arlena Stuart.  Aurait-elle eu la force nécessaire et la possibilité matérielle de commettre le crime ?

Linda Marshall est suspecte à cause de son apparence, de ses attitudes et de sa mère, une femme qui a été accusée d'avoir empoisonnée son mari.  L'anecdote au sujet de Ruth Martingdale ressemble à un fait divers morbide, dont Agatha Christie pouvait se délecter.  On retrouve une histoire semblable dans Jeux de glaces.  Quand une femme est accusée d'avoir assassiné son mari, cela annonce des jours sombres pour ses descendants.  Le désordre appelle le désordre.

L'histoire de Ruth Martingdal est captivante, parce qu'on peut toujours entretenir le doute au sujet de la culpabilité de l'accusée.  L'accusée était-elle coupable ?  L'accusée était-elle innocente ?  L'accusée a-t-elle été condamnée en étant innocente ou a-t-elle été acquittée en étant coupable ?  Etc.  Etc.  Etc.  On ne s'en lasse pas !

Dans ce roman-ci, il est précisé que Ruth Martingdale était innocente, comme sa fille.  Linda Marshall ne jouait qu'un rôle de suspecte, ça en prend dans les romans policiers.

Il y a toujours beaucoup de suspects, dans les romans d'Agatha Christie.  Elle utilise une technique que l'on pourrait appeler la technique du leurre.  C'est-à-dire qu'il y a plusieurs suspects et que chacun a quelque chose à se reprocher, mais pas le crime principal.  Parmi les suspects, il peut y avoir un  mari qui trompe sa femme, un voleur, un trafiquant de drogue, un faux-monnayeur, etc.  Le lecteur est attiré par le leurre, jusqu'à ce qu'il connaisse la raison du comportement bizarre du suspect.  Quand tous les leurres ont été éliminés, il nous reste le coupable principal.

Horace Blatt joue un rôle de leurre.  Il est tellement grossier et odieux que personne ne recherche sa compagnie, mais il est trop suspect, trop tôt.  Blatt a bien quelque chose à se reprocher, mais c'est un trafiquant de drogue et pas l'assassin d'Arlena Stuart.

Les Gardener pourraient être suspects, mais ils ressemblent plus à une caricature du couple bourgeois.  L'épouse parle continuellement, tandis que le mari se tait ou se contente d'approuver.  De plus, Carrie Gardener est une amie de Cornelia Robson de Mort sur le Nil, ce qui est une recommandation qui en vaut bien d'autres.

Les autres suspects se divisent en deux couples apparemment égaux, à première vue.  Rosamund Darnley et Kenneth Marshall et les Redfern.  Pour trouver les coupables, il faut essayer de savoir qui sont les vrais et qui sont les faux.

A cet égard, on est sûr de l'identité de Rosamund Darnley, qui est une personne célèbre, la propriétaire d'une grande maison de couture et Rosamund Darnley est une amie d'enfance de Kenneth Marshall.

Kenneth Marshall pouvait difficilement être le coupable, parce qu'il est décrit généralement positivement, qu'il est aimé par Rosamund Darnley et que, dans le cas du meurtre d'une femme, le mari est quand même le premier suspect.  Il aurait été un peu ennuyeux qu'il soit le coupable.

Si l'on est sûr de l'identité du premier couple, on est pas sûr de celle des Redfern.  C'est là le problème.  Christine Redfern était apparemment une femme honorable, pas trop jolie, entièrement dévouée à son mari, mais c'était une actrice qui jouait un rôle.  Aurait-on pu le pressentir rapidement ?  Peut-être parce que les Redfern semblaient un couple mal assorti :  une femme maladive avec un homme séduisant et vigoureux.  Ce genre de couple pouvait-il réellement fonctionner ?

Patrick Redfern avait la force physique et la possibilité matérielle de commettre le crime.  Un fait souligné à plusieurs reprises est la difficulté de se rendre à l'endroit où était Arlena Stuart, sans être vu.  Quoi de mieux que d'y aller au vu et au su de tout le monde avec Emily Brewster ?

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Armering, Arthur. 

Descendant de Roger; a vendu la propriété de Roger qui devint l'Hôtel du Joyeux Roger.

Armering, Roger. 

Capitaine; a fait construire une propriété dans l'île de la baie de Leathercombe en 1782; un seul amour : la mer; célibataire; mort.

Barry.  

Major; gros yeux; ancien officier de l'armée des Indes; grand admirateur des dames; raconte des histoires longues et ennuyeuses; visage légèrement apoplectique; voix rauque et enrouée; vieux crampon.

Blatt, Horace.  

Corpulent; visage rougeaud; couronne de cheveux roux; veut apporter la bonne humeur partout où il passe; odieux; étale son argent; ne lit que des romans policiers et des histoires du Wild West; a la mentalité d'un enfant de douze ans ?; riche; parle beaucoup; personne ne recherche sa compagnie; self-made-man; émouvant, ridicule ou assommant; trafiquant de drogue; vulgaire; sort inconnu.

Brewster, Emily.

Jeune femme d'allure sportive; sympathique; cheveux grisonnants; visage tanné par le vent; ton bourru; ne perd jamais son bon sens; hommasse; cœur excellent; détestait Arlena Stuart; un de ses cousins a épousé une Erskine.

Castle, Mrs.  

Directrice et propriétaire de l'Hôtel du Joyeux Roger; distinguée; au-delà de la quarantaine; poitrine généreuse; cheveux teints au henné; élocution d'un raffinement quasi provocant.

Codrington.  

Lord; a voulu divorcer pour épouser Arlena Stuart; a divorcé mais le mariage ne s'est pas fait; [moral : punition]; Arlena l'a poursuivi en rupture de promesse de mariage.

Colgate.  

Inspecteur; [aux belles dents brillantes]; policier; sympathie de Poirot; visage rude; petits yeux fouineurs; manières placides.

Corrigan, Alice. 

Trouvée étranglée dans un taillis; était mariée; mariée sans le consentement de ses parents; avait une assurance-vie au profit de son mari; femme d'Edward; victime de Patrick Redfern.

Corrigan, Edward. 

Mari d'Alice; = Patrick Redfern; assassin d'Alice.

Darnley, Rosamund Anne.  

Propriétaire de la maison de couture Rose Mond; délicieuse; distinction naturelle; gracieuse; altière; belle chevelure brune; malicieux sourire; vêtements coûteux; désabusée; riche; regrette de ne pas être mariée et de ne pas avoir d'enfants; infortunée vieille fille; déteste Arlena Stuart; célèbre; intelligente; très vieille amie de Kenneth Marshall; aucune sympathie pour Arlena Stuart; va quitter sa maison de couture et épouser Kenneth Marshall.

Erskine, Roger.

Sir; à sa mort il y a trois ans a légué toute sa fortune à Arlena Stuart; ou Robert.

Gardener, Carrie. 

Très bavarde; tricote; femme d'Odell; admiratrice de Poirot; Américaine; le prénom de son père était Sinclair; déteste Arlena Stuart.

Gardener, Irène. 

Fille d'Odell et Carrie.

Gardener, Odell C.  

Mari de Mrs; Américain; silencieux; se contente d'approuver sa femme; humour à froid.

Lane, Stephen.  

Révérend; haute taille; solidement bâti; cinquantaine d'années; croit au Mal comme en Dieu; déteste Arlena Stuart; nervosité presque maladive; très sectaire; visage ardent et émacié; a été en maison de repos pour troubles psychiques; voit le Démon partout; [suspect mais pas coupable].

Marshall, Kenneth.  

Mari d'Arlena Stuart; quarantaine d'années; blond; peau cuite au soleil; tranquille; fume la pipe; lit le Times; capitaine; a une fille; ami d'enfance de Rosamund Darnley; quatre ans plus vieux que Rosamund; adorable, très calme; très réservé; fait des mariages impossibles; ne sait plus raisonner quand il s'agit des femmes; a été marié avec Ruth Martingdale; distingué; sympathique; noble; a de l'argent; Anglais; a déjà agressé un homme d'affaires qui lui avait joué un mauvais tour; dit Ken; ses affaires sont en mauvaises postures à cause de la crise; chevaleresque; aimait plus Arlena; trouvait un enfer de vivre avec Arlena; voulait veiller sur Arlena; va épouser Rosamund Darnley; père de Linda.

Marshall, Linda.  

Fille de Ruth Martingdale et de Kenneth Marshall; aime pas son apparence; cheveux en broussailles; long menton agressif; 16 ans; a quitté le collège; incertaine sur son avenir; déteste Arlena; voudrait tuer Arlena; apprécie Rosamund Darnley; apprécie Christine Redfern; timide et gauche; voix d'écolière; enfant; s'accuse du meurtre d'Arlena; tentative de suicide; avait essayé un tour de magie noire contre Arlena Stuart; survit.

Martingdale, Ruth.  

Ancienne femme de Kenneth Marshall; a été accusée d'avoir empoisonné son premier mari; a été acquittée; morte à la naissance de sa fille Linda un an après son mariage avec Kenneth Marshall; était réellement innocente.

Narracott, Gladys.  

Femme de chambre de l'Hôtel du Joyeux Roger; intelligence assez vive.

Neasdon.  

Docteur; médecin légiste.

Parsons, Nellie.  

Trouvée étranglée dans un fourré près de Chobdam; petite servante d'auberge; pas très sérieuse.

Poirot, Hercule.  

Se considère très important; resplendissant costume blanc; moustaches effilées; la grande attraction de la plage; [vieux jeu]; aime pas les bateaux et la mer; admirateur de Rosamund Darnley; détective; vieil homme; a le mal de mer; souliers si fins qu'ils sont toujours un peu étroits; Belge.

Redfern, Christine. 

Sujette au mal de mer; jeune; beaux cheveux blond cendré; peau blanche et délicate; jolie; visage sérieux; ne brunit pas; femme de Patrick; mariée depuis un an ou deux; propre et nette; a été professeur dans un collège; intelligente; sait pas s'habiller; sincère; loyale; décidée; pleine de courage et de bon sens; dégoûtée par Arlena Stuart; en réalité Christine Deverill; complice de Patrick pour les meurtres d'Arlena Stuart et d'Alice Corrigan; a enseigné la gymnastique dans un collège; courait et grimpait comme un athlète; monstre; livrée à la justice.

Redfern, Patrick. 

Beau; grand; épaules larges; taille bien prise; fort; bonne santé; mari de Christine; séduit Arlena Stuart; imbécile ?; jeune et séduisant; athlète; adorait Arlena Stuart; aurait fait n'importe quoi pour Arlena; a jamais songé au divorce; en réalité Edward Corrigan; assassin d'Arlena Stuart et d'Alice Corrigan avec la complicité de Christine Redfern/Deverill; aurait soutiré de l'argent à Arlena; dépourvu de scrupules; pas réellement marié à Christine; tue par plaisir autant que pas intérêt; livré à la justice.

Robson, Cornelia.  

Amie de Mrs Gardener; [voir Mort sur le Nil].

Stuart, Arlena. 

Grande; mince; peau bronzée; cheveux auburn aux reflets flamboyants; trentaine d'années; jeunesse radieuse et triomphante; grands yeux bleus; chapeau excentrique; intéresse les hommes; joli morceau; ancienne actrice; femme de Kenneth Marshall; a l'air d'une bête nuisible ?; moins populaire auprès des femmes ?; [ne verra pas la fin du roman ?]; incarnation du Mal ?; séduit Patrick Redfern; créature du diable; intéressée; provoque des scandales; sale bête; ignore Linda Marshall; mauvaise; a eu pas mal d'aventures; morte étranglée; visage pourpre et boursouflé horrible à voir; nom de jeune fille = Helena Start ?; jouait dans les revues et au music-hall après son mariage; morte sans testament; pas de proches parents; réellement riche; était victime d'un maître chanteur ?; victime de Patrick Redfern; tête folle.

Weston.  

Colonel; chef de la police du comté; connaissance d'Hercule Poirot.

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- 1 -

- [Le major Barry] Elle [Arlena Stuart] me fait penser, dit-il, à une femme que j'ai connue à Simla. Une rousse, elle aussi, qui était mariée à un sous-officier. Elle a mis la garnison sens dessus dessous. Les hommes étaient fous d'elle. Les femmes lui auraient arraché les yeux. Et pas sans raison, car elle a brisé là-bas je ne sais combien de ménages …


- 2 -

- [Kenneth Marshall] […] c'est justement de ça que j'ai horreur ! […]

- [Rosamund Darnley] De ça, quoi ?

- Eh bien ! l'attitude des gens d'aujourd'hui. On entreprend quelque chose et, à la première occasion, on la laisse tomber pour tâter d'autre chose ! Cela m'exaspère ! Il y a une chose qui s'appelle la bonne foi. Quand on a épousé une femme, quand on s'est engagé à assurer son existence, il faut le faire ! Jusqu'au bout ! C'est une question d'honnêteté ! Ce qu'on a commencé, il faut le finir ! Des mariages bâclés et des divorces express, nous en avons trop vu ! Arlena est ma femme, un point, c'est tout ! […]

- [Rosamund Darnley] Alors, avec vous, c'est "jusqu'à ce que la mort nous sépare" ?

-[Kenneth Marshall]  Exactement.


- 3 -

- [Patrick Redfern] […] j'aimais cette femme [Arlena Stuart]. Quand je dis que je l'aimais, je suis en-dessous de la vérité. Je l'adorais, j'étais fou d'elle […] Vous me traiterez d'hypocrite, et pourtant, c'est la vérité vraie, j'aime ma femme [Christine]. Je l'aime énormément. Arlena, c'était une aventure, un de ces coups de folie comme les hommes en ont quelquefois !… Christine, c'est ma vraie femme ! Je me suis mal conduit avec elle, mais, même dans les pires moments, il n'y a jamais eu qu'elle qui comptait ! 

[Contradiction.]


- 4 -

- [Christine Redfern] Eh bien ! c'était pour moi une créature méprisable [Arlena Stuart]. Elle n'avait aucune raison d'être. Pas de cœur, pas de cerveau ! Elle ne pensait à rien, sinon à sa toilette, aux hommes et à l'admiration dont ils l'entouraient. Elle était inutile, totalement. Séduisante, bien sûr, très séduisante, mais menant une vie creuse, une vie sans objet, une de ces vies qui peuvent mal finir … voilà pourquoi sa fin ne m'a pas surprise ! Chez tous ceux qu'elle approchait, elle réveillait les pires instincts … Elle était de ces femmes qui n'aiment dans la vie que ce qu'il y a de vil et de bas, de ces femmes qu'on trouve toujours mêlées à de sordides histoires de chantage, de jalousie et de crimes …

Elle se tut, un peu hors d'haleine, ses lèvres pincées exprimant son dégoût et son écoeurement. Le colonel [Weston]  pensait qu'il eût été difficile de trouver femme plus différente d'Arlena, mais aussi que, marié à une Christine Redfern, il aurait sans doute éprouvé le besoin de changer d'air et qu'à ce moment une Arlena Marshall lui serait apparue parée de mille séductions.


- 5 -

- [Stephen Lane] […] dès que j'ai vu Arlena Marshall, j'ai compris d'instinct, j'ai senti de façon profonde que je me trouvais en présence d'une créature du Démon ! Elle était le Péché ! le Mal personnifié. Si la femme peut être le bon génie de l'homme qu'elle aide et qu'elle inspire, elle peut aussi être l'artisan de sa perte et de sa déchéance ! Elle peut ravaler la créature de Dieu au niveau de la bête ! La victime était de celles qui réveillent en l'homme les instincts les plus bas. C'était une autre Jézabel et c'est pour les innombrables péchés qu'elle a commis ou provoqués qu'elle a été frappée !

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