Poirot : Le crime d'Halloween (1969)

Tous les titres :

A.B.C. contre Poirot

À l'hôtel Bertram

Affaire Prothéro ( L')

Aventure de l'"Étoile de l'Ouest" (L')

Aventure de l'appartement bon marché (L')

Aventure du tombeau égyptien (L')

Cadavre dans la bibliothèque (Un)

Cartes sur tables

Chat et les pigeons (Le)

Cheval à bascule (Le)

Cheval pâle (Le)

Cinq heures vingt-cinq

Cinq petits cochons

Club du mardi (Le)

Couteau sur la nuque (Le)

Crime d'Halloween (Le)

Crime de l'Orient-Express (Le)

Crime de Regent's Court (Le)

Crime du golf (Le)

Demoiselle de compagnie (La)

Destination inconnue

Dernière énigme (La)

Disparition de Mr. Davenheim (La)

Dix petits nègres

Double péché

Drame en trois actes

Énigme du testament de Mr. Marsh (L')

Enlèvement du Premier Ministre (L')

Flux et le reflux (Le)

Géranium bleu (Le)

Guêpier (Le)

Heure zéro (L')

Homme au complet marron (L')

Indice de trop (Un)

Indiscrétions d'Hercule Poirot (Les)

Jeux de glaces

Lingots d'or (Les)

Maison biscornue (La)

Major parlait trop (Le)

Mémoire d'éléphant (Une)

Meurtre au champagne

Meurtre de Roger Ackroyd (Le)

Meurtre en Mésopotamie

Meurtre sera commis le ... (Un)

Mort avait les dents blanches (Le)

Mort n'est pas une fin (La)

Mort sur le Nil

Motif contre occasion

Mrs Mac Ginty est morte

Mystère de Hunters's Lodge (Le)

Mystère du bahut espagnol (Le)

Mystère du vase bleu (Le)

Mystérieuse affaire de Styles (La)

N. ou M.

Némésis

Noël d'Hercule Poirot (Le)

Noyée au village (Une)

Nuit qui ne finit pas (La)

Pendules (Les)

Pension Vanilos

Plume empoisonnée (La)

Poignée de seigle (Une)

Poirot joue le jeu

Poirot quitte la scène

Pouce de saint Pierre (Le)

Poupée de la couturière (La)

Quatre (Les)

Quatre suspects (Les)

Rendez-vous à Bagdad

Rendez-vous avec la mort

Retour d'Hercule Poirot (Le)

Rêve (Le)

Sanctuaire d'Astarté (Le)

Sept cadrans (Les)

Seuil ensanglanté (Le)

Signal rouge (Le)

S.O.S.

Témoin indésirable

Témoin muet

Témoin à charge

Trio à Rhodes

T.S.F.

Train bleu (Le)

Tragédie de Mardson Manor (La)

Train de 16 h 50 (Le)

Troisième fille (La)

Vacances d'Hercule Poirot (Les)

Vallon (Le)

Vol d'un million de dollars de bons

Dans Un crime d'Halloween d'Agatha Christie, une petite fille qui se vantait d'avoir vu se commettre un meurtre est assassinée.  A-t-elle été victime d'un pervers qui se serait glissé dans la maison ?  Desmond Holland et Nicolas Ransom servent de suspects de convention, à cet égard, mais on constatera qu'ils sont moins mauvais qu'ils en ont l'air.  La solution du meurtre de pervers aurait été un peu simpliste.

Joyce Reynolds a pu être assassinée par l'auteur du meurtre dont elle aurait été témoin.  Plusieurs décès, dans la région, peuvent avoir été causés par des criminels.  À laquelle de ces morts Joyce aurait-elle pu assister ?  Tant qu'on y est, on peut aussi se demander s'il n'y aurait pas de liens entre plusieurs de ces morts suspectes.

Le décès de Mrs Llewellyn-Smythe, une vieille dame riche, retient particulièrement notre attention.  On a là un mobile en or.  On espère qu'il s'agisse bien du crime que l'on recherche.

La mort de Mrs Llewellyn-Smythe est d'autant plus mystérieuse, qu'il semblerait que, peu auparavant, la vieille dame ait modifié son testament, en faveur de sa dame de compagnie, Olga Seminov.  Pourquoi Mrs Llewellyn-Smythe a-t-elle modifié ainsi ses dernières volontés ?  Premièrement le codicille attribué à Mrs Llewellyn-Smythe est-il bien de sa main ?  Si le testament était valable et qu'il ait été jugé faux par les experts, Olga Seminov a été victime d'une injustice.

Par contre, Olga Seminov, habituée à imiter l'écriture de sa patronne, ne se serait-elle pas risqué à produire un faux document ?  peut-être à l'instigation de quelqu'un d'autre.  Chez Agatha Christie, les étrangers sont toujours un peu suspects.  Si Olga Seminov avait un complice, l'affaire tournant mal, ne serait-ce pas ce complice qui aurait éliminé la fille au pair, parce que celle-ci est, bien entendu, disparue.  Certain font l'hypothèse de la fuite d'Olga, mais sa mort a, sans doute, toujours été plus probable.

On pouvait penser, à un certain moment, qu'Olga Seminov avait été victime d'une machination.  Par exemple, les Drake, ayant besoin d'argent et voulant assassiner leur vieille tante, en faisant porter le blâme sur la dame de compagnie, auraient pu manipuler celle-ci, afin d'en obtenir un testament, ayant de fortes chances d'être déclaré faux.

Beaucoup de l'histoire tourne autour du codicille au testament de Mrs Llewellyn-Smythe.  Est-il authentique ?  Est-ce un faux ?  A-t-il été falsifié par Olga Seminov ou par quelqu'un d'autre ?  Car nous n'avons pas qu'un seul faussaire, dans cette histoire.  Il y a aussi Lesley Ferrier, clerc chez Fullerton, Leadbetter et Harrison, les notaires de la vieille dame morte.  Curieusement, Ferrier lui-même a été victime d'un meurtre.  Ferrier a-t-il été assassiné par une de ses maîtresses ou y a-t-il un lien entre sa mort et le fameux codicille ?  Ferrier aurait-il été le complice d'Olga Seminov ?

En plus des hypothèses déjà émises, ne pourrait-t-on penser que le codicille a pu être trafiqué par quelqu'un d'autre chez le notaire ?

L'histoire de codicille est étrange.  Pourquoi Mrs Llewellyn-Smythe a-t-elle soudain éprouvé le besoin de modifier son testament ?  alors que ses neveux les Drake, avaient toujours été ses héritiers privilégiés.

Une piste, c'est qu'un changement important est survenu chez les Drake.  Hugo, le mari, est décédé, renversé par une voiture, sans qu'on retrouve le chauffard coupable.  Ne serait-il pas possible que Mrs Llewellyn-Smythe ait soupçonné, à tort ou à raison, la femme d'Hugo d'avoir tué elle-même son mari ?  N'aurait-ce pas été une très bonne raison pour déshériter Rowena Drake ?  Ce n'est pas le fond de l'histoire, dans ce roman, mais Rowena Drake fait quand même partie des coupables de l'affaire.

D'habitude, quand on voit une histoire de testament, les suspects sont toujours les cinq ou six membres de la famille, héritiers directs, qui ont tous besoin d'argent et dont certains ont fait de la prison.  Ils ont tous le mobile et la mentalité pour avoir commis le crime.  Le crime d'Halloween n'est pas fait sur ce modèle.  Peut-être cela devrait-il nous mettre la puce à l'oreille.  Quand une vieille personne riche est assassinée, on soupçonne toujours les héritiers.  Ici, il n'est jamais précisé officiellement, avant le fin du roman, qui a hérité finalement.  Il aurait mieux valu pour Rowena Drake être suspecte et innocente, que d'être coupable.  Peut-être Rowena est-elle coupable, parce qu'elle n'était pas suspecte ?  Chez Agatha Christie, il faut se méfier autant de ceux qui ne sont pas suspects, que de ceux qui sont accusés officiellement.  Ça plaidait pour Rowena de fréquenter le pasteur, mais elle était une héritière non soupçonnée, en plus d'être décrite d'une manière dépréciative : autoritaire, suffisante, pas aimée, etc.

Peut-être le coup de l'eau aurait-il dû attirer plus notre attention.  Rowena Drake s'était-elle aspergée d'eau accidentellement ou volontairement, pour cacher quelque chose ?  Avoir plus connu la mentalité de la romancière aurait été utile.  C'est Miss Emlyn, une directrice d'école qui souligne, d'abord, cet incident.  Agatha Christie semblait avoir une grande admiration pour les directrices d'écoles à la fois sévères et ouvertes.  Dans les romans, il n'y en a pas de mauvaises, que ce soit Miss Emlyn, Miss Bulstrode dans Le chat et les pigeons ou Elizabeth Temple de Némésis.  Des enseignantes, comme Nora Ambrose ou Janet White peuvent avoir de mauvais penchants, mais pas les directrices.  Les directrices ne parlent pas pour rien dire.  L'incident de l'eau devait être important.  Pourquoi ?

Michael Garfield, le complice de Rowena Drake, a toujours fait partie des suspects, comme d'autres personnages.  Il était là, dans l'environnement.  Il avait un mobile : s'emparer de la fortune et de la propriété de sa patronne.  Il demeurait constamment parmi les suspects, parce que jamais vraiment accusé.

Dans ce roman, Agatha Christie, qui semble s'ennuyer ferme de la reine Victoria, est un peu victime d'attaques de nostalgie.  On voit bien q'elle n'était pas folle folle des moeurs des années 1960 et de celles des jeunes, en particulier.  Ceux-ci ne sont pas tous mauvais, mais Agatha aurait souhaité qu'ils aient un peu plus de discipline et s'habillent mieux.

Un des résultats de l'histoire, c'est qu'Olga Seminov n'aura finalement pas eu l'héritage de Mrs Llewellyn-Smythe, bien que le testament ait été parfaitement valide.  Au fond, la romancière n'approuvait pas vraiment l'idée de déshériter une famille légitime, au profit d'une servante étrangère pratiquement inconnue.

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Ambrose, Nora.

Enseignante; très intéressée par le sexe; amie de Janet White; mère célibataire ?

Benfield, Charlotte.

Seize ans; vendeuse; assassinée.

Brand, Mrs.

Logeuse de Nicolas Ransom et Desmond Holland.

Bulstrode, Miss.

Amie de miss Emlyn; ancienne directrice de l'école de Meadowbank [Voir Le chat et les pigeons]; très forte personnalité.

Butler, Judith.

Amie d'Ariadne Oliver; veuve; mère de Miranda; son mari était pilote de ligne; assez charmante; mince; environ trente-cinq ans; cheveux blonds; traits fins; visage long; yeux verts; belle et séduisante; secrétaire à temps partiel; sans ressources; dite Judy.

Butler, Miranda.

Petite fille; fille de Judith Butler; voix claire; gracile; douze ans; adorable; curieuse.

Cole, Mr.

Jeune; nouvel associé de Jeremy Fullerton.

Cotterell, Charles.

Pasteur.

Doherty, Mary.

Décédée; a été au service de Mrs Llewellyn-Smythe.

Drake, Hugo Edmund.

A toujours été athlète; mort; ancien mari de Rowena; neveu de Mrs Llewellyn-Smythe; renversé par une voiture sans qu'on trouve de coupable.

Drake, Rowena Arabella.

Belle femme; autour de la quarantaine; grande; cheveux blonds légèrement striés de gris; yeux bleus et brillants; efficace; suffisante; veuve d'un banquier atteint de polio; autoritaire; veuve d'Hugo; cousine germaine d'Hugo; dominatrice; pas aimée; [a tué son mari ??]; le pasteur lui mange dans la main; meurtrière de Joyce Reynolds; complice de Michael Garfield pour les meurtres d'Olga Seminov, de Léopold Reynolds et de Lesley Ferrier; follement amoureuse de Michael Garfield; livrée à la justice.

Emlyn.

Miss; directrice d'école; amie de Miss Bulstrode; très bon professeur; srtricte et sévère.

Ferguson.

Médecin; dans la soixantaine; compétent; très apprécié; origine écossaise; manières brusques; yeux perçants; sourcils hérissés.

Ferrier, Lesley.

Clerc de notaire chez Fullerton, Leadbetter et Harrison; vingt-huit ans; mort; poignardé dans le dos; amant de Sandra Griffin ?; a falsifié des comptes; a fait quelques faux en écritures; venait d'un foyer brisé; peine légère de prison; vaurien prudent; mauvaises fréquentations; mère veuve; père délinquant; succès fou auprès des filles; victime de Rowena Drake ou Michael Garfield.

Fullerton, Jeremy.

Notaire de Mrs Llewellyn-Smythe; associé d'Harrison et Leadbetter; associé principal; vieil homme; élancé; visage impassible; voix froide; yeux perçants; conseiller juridique de la famille Drake; croit en la loi.

Garfield, Michael.

Ancien paysagiste de Mrs Llewellyn-Smythe; ordonné; compétent; artiste; jeune; d'une beauté exceptionnelle; passé trente ans; proche de la quarantaine ?; grand; mince; yeux sombres; cheveux noirs; avait hérité de la propriété ?; l'a vendue; sûr de lui; aime pas les enfants; complice de Rowena Drake pour les meurtres d'Olga Seminov, Lesley Ferrier et Léopold Reynolds; n'aimait que lui-même : Narcisse; mort; s'est empoisonné.

, George.

Valet de chambre d'Hercule Poirot.

Goby, Mr.

Collaborateur d'Hercule Poirot.

Goodbody, Mrs.

Femme de ménage; nez crochu; long menton; joue la sorcière d'Halloween; aimable.

Gordon, Peter.

Vingt et un ans; sans emploi; paresseux; assez beau gosse; délits mineurs; fréquente de jeunes délinquants; soupçonné au sujet du meurtre de Charlotte Benfield.

Griffin, Harry.

Propriétaire du pub du Cygne Vert; mari de Sandra.

Griffin, Sandra.

Femme d'Harry; maîtresse de Lesley Ferrier ?; belle; à demi tzigane; tempérament volcanique.

Harrison.

Notaire de Mrs Llewellyn-Smythe; associé de Fullerton et Leadbetter.

Holland, Desmond.

Jeune garçon; ami de Nicolas Ransom; s'y connaît en photographie; a déjà fait l'objet d'un rapport psychiatrique; seize ans; vêtements voyants; masse vaporeuse de cheveux roux; fondamentalement sain.

Hudd, Thomas.

Vingt ans; bègue; timide; névropathe; mère veuve; mère abusive typique; employé dans une papeterie; soupçonné au sujet du meurtre de Charlotte Benfield.

Jenkins, Jim.

Ancien jardinier de Mrs Llewellyn-Smythe; en Australie.

Lampton, Simon.

Vicaire.

Leadbetter.

Notaire de Mrs Llewellyn-Smythe; associé de Fullerton et Harrison.

Leaman, Harriet.

Fait des ménages; veuve; curieuse; aime pas les étrangers; âge moyen; vêtue avec soin; ancienne femme de ménage de Mrs Llewellyn-Smythe ?

Lee, Miss.

Assistante du docteur Ferguson.

Lévy, Salomon.

Ami d'Hercule Poirot; dit Solly.

Llewellyn-Smythe, Louise.

Décédée; vieille; très riche; passionnée de jardinage; tante d'Hugo Drake; veuve d'un puissant armateur; 65-66 ans.

McKay, Elisabeth.

Soeur du superintendant Spence; veuve; a deux enfants mariés vivant à l'étranger; dite Elspeth; anguleuse; visage fin; mine comme un fil; rapide et brusque.

Minden, Mrs.

Femme de ménage de Mrs Llewellyn-Smythe.

Oliver, Ariadne.

Amie de Judith Butler; Mrs; cheveux gris; front proéminent; a un faible pour les pommes; écrit des romans policiers; farfelue; esprit original; sein généreux; très célèbre; en vient à détester les pommes.

Poirot, Hercule.

Voué au culte de l'angle droit et de la symétrie; ordre et méthode; esprit puissant; a regretté ne pas avoir fait d'études en théologie; calme; se teint les cheveux; a été dans la police belge; fier de lui; âgé; étranger; habillé avec coquetterie; bottines de cuir verni trop étroites; dandy; exubérante moustache; d'un certain âge.

Ransom, Nicolas.

Dit Nicky; dix-huit ans; beau garçon; rouflaquettes; cheveux dans le cou; costume noir plutôt funèbre; dit Nick; fondamentalement sain; ami de Desmond Holland.

Reynolds, Ann.

Grande; sans doute prétentieuse ?; jeune fille; sœur de Joyce et Léopold; seize ans; fille de Mrs.

Reynolds, Joyce.

Robuste fillette de treize ans; vantarde; pleine de questions; assassinée; pas très sympathique; fille de Mrs Reynolds; sœur d'Ann et Léopold; la plus grande menteuse du monde ?; victime de Rowena Drake.

Reynolds, Léopold.

Frère de Joyce et Ann; dix ans; bon gros; bouille rubiconde; intelligent; fils de Mrs; mort; assassiné; victime de Rowena Drake ou Michael Garfield.

Reynolds, Mrs.

Très sympathique; pas inventé la poudre; mère de Joyce, Ann et Léopold; [sorte de paysanne ? +- classe inférieure "pour sûr"]; mari dans l'immobilier qui n'a pas fait son chemin; se ronge les sangs.

Richmond, Alfred.

Chef de la police du comté.

Raglan, Henry.

Inspecteur; de la Brigade criminelle; dit Tim ?; ou Timothy ?

Seminov, Olga.

Fille au pair; au service de Mrs Llewellyn-Smythe; venait d'Europe centrale; nom interminable; peu recommandable; petite; trapue; mine sévère; pas aimée dans la région; teint olivâtre; lèvres rouge foncé; yeux bleus; visage ardent; a connu la souffrance; révoltée; père arrêté par la police; mère morte; a perdu un frère et une sœur; trop gourmande; morte assassinée; victime de Rowena Drake ou Michael Garfield.

Spence, Bert.

Superintendant; de bonne taille; d'un certain âge; chevelure d'un gris uniforme; a pris du ventre; retraité; jardine; frère d'Elisabeth McKay; [Voir Mrs McGuinty est morte]; a des moustaches; silhouette arrondie; bon et honnête policier de la vieille école; la droiture même; anciennement de Scotland Yard.

Waterhouse, Mr.

Vieux marchand de grain; propriétaire de la voiture volée qui a heurté Hugo Drake.

Weston, Mr.

Colonel; mari de Mrs; nouveau propriétaire du domaine de Mrs Llewellyn-Smythe; vieux; à la retraite.

Weston, Mrs.

Femme du colonel.

White, Janet.

Trouvée étranglée; enseignante; environ vingt-quatre ans; très intéressée par le sexe; amie de Nora Ambrose.

Whittaker, Elisabeth.

Miss; prince-nez; enseignante; quarantaine d'années; cheveux brun roux coupés court; œil perçant; regard intelligent; enseigne les mathématiques et le latin.

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- [Spence] […] En gros, voyez-vous, Poirot, je dirais qu'aujourd'hui les filles épousent beaucoup plus souvent des fripouilles que de mon temps.

Hercule Poirot réfléchissait, tirant sur ses moustaches.

- [Poirot] Oui, sans doute. Je crains cependant fort que les filles n'aient de tous temps été attirées par les fripouilles, comme vous les appelez. Seulement il y avait autrefois des garde-fous.

- C'est juste. On veillait sur elles. Les mères s'occupaient de leur progéniture. Les tantes et les oncles aussi. Les frères et sœurs plus jeunes étaient au courant de ce qui se passait. Les pères n'hésitaient pas à chasser de leur maison les jeunes gens indésirables. Il arrivait, bien sûr, que les filles se sauvent avec un de ces vauriens. Aujourd'hui, ce n'est même plus nécessaire. Les mère ne savent plus avec qui sortent leurs filles, on ne dit pas aux pères avec qui leurs filles sont sorties, les frères savent avec qui la fille est sortie mais ils se disent "tant pis pour elle". Si les parents refusent leur consentement, le couple se présente devant un magistrat et s'arrange pour obtenir l'autorisation de se marier, et quand le jeune homme, dont tout le monde sait que c'est un vaurien, prouve à tout le monde, y compris à sa femme, qu'il est effectivement un vaurien, les jeux sont faits. Mais l'amour sera toujours l'amour, et la fille refuse d'admettre que son Henry a des manières révoltantes, des tendances criminelles et tout ce qui s'ensuit. Elle mentira pour lui, jurera pour lui que le noir est blanc, jurera tout ce qu'on voudra.


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- [Rowena Drake] […] Je n'ai pas besoin de vous dire, monsieur Poirot - après tout, vous devez lire comme moi les journaux -, qu'il y a eu de nombreuses victimes chez les enfants dans nos campagnes. Il semble que cela devienne de plus en plus fréquent. Le nombre des déséquilibrés ne fait que croître, mais il faut dire aussi qu'en général, les mères et les familles veillent de plus en plus mal sur leurs enfants.


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- [Miss Emlyn] […] C'est elle [Miss Bulstrode] qui a fait de Meadowbank l'école qu'elle est devenue. Celle-ci a un peu changé, de nos jours, ajouta-t-elle avec un léger soupir. Les ambitions, les méthodes ne sont plus les mêmes, mais elle a conservé son caractère raffiné, progressiste et traditionaliste en même temps. Enfin, il ne faut pas trop vivre dans le passé. 


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Jeremy Fullerton était un tenant de la loi. Il croyait en la loi, il méprisait les magistrats actuels, leurs jugements laxistes, leur façon de s'incliner devant de faux besoins : les étudiants qui volent des livres, les jeunes mariées qui ratissent les super-marchés, les filles qui chipent de l'argent à leurs employeurs, les voyous qui démolissent les cabines téléphoniques, aucun d'entre eux n'étant réellement aux abois ni même dans le besoin, la plupart n'ayant rien connu d'autre qu'une éducation trop permissive et étant profondément convaincus que tout ce qu'ils n'avaient pas les moyens d'acheter était à leur disposition. 


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- Nous devons accepter les faits, répliqua Poirot. Et il en est un qu'attestent nos modernes biologistes - nos biologistes occidentaux, se hâta-il d'ajouter - à savoir que les actes d'un homme prendraient racine dans son capital génétique. Un meurtrier de vingt-quatre ans serait un meurtrier potentiel à deux, trois ou quatre ans.

[Hérédité]


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- [Mrs Goodbody] […] L'autre jour, monsieur Desmond [Holland], l'accoutrement qu'il portait, c'était à pas en croire ses yeux. Une veste rose et des pantalons mauves. Les filles, je vous [Poirot] jure, ils les battent à plate couture. Elles, tout ce qu'elles sont capables d'inventer, c'est de remonter l'ourlet de leurs jupes de plus en plus haut, ce qui ne les avance pas à grand-chose vu que ça les oblige à se mettre de plus en plus de sous-vêtements. Elles dépensent tout leur argent pour ce qu'elles appellent des bodys ou des collants. De mon temps, il n'y avait qu'au music-hall que les filles portaient ça. Mais les garçons, parole d'honneur, ils ont l'air de martins-pêcheurs, de paons, ou d'oiseaux de paradis.

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