L'homme au complet marron (1924)

Tous les titres :

A.B.C. contre Poirot

À l'hôtel Bertram

Affaire Prothéro ( L')

Aventure de l'"Étoile de l'Ouest" (L')

Aventure de l'appartement bon marché (L')

Aventure du tombeau égyptien (L')

Cadavre dans la bibliothèque (Un)

Cartes sur tables

Chat et les pigeons (Le)

Cheval à bascule (Le)

Cheval pâle (Le)

Cinq heures vingt-cinq

Cinq petits cochons

Club du mardi (Le)

Couteau sur la nuque (Le)

Crime d'Halloween (Le)

Crime de l'Orient-Express (Le)

Crime de Regent's Court (Le)

Crime du golf (Le)

Demoiselle de compagnie (La)

Destination inconnue

Dernière énigme (La)

Disparition de Mr. Davenheim (La)

Dix petits nègres

Double péché

Drame en trois actes

Énigme du testament de Mr. Marsh (L')

Enlèvement du Premier Ministre (L')

Flux et le reflux (Le)

Géranium bleu (Le)

Guêpier (Le)

Heure zéro (L')

Homme au complet marron (L')

Indice de trop (Un)

Indiscrétions d'Hercule Poirot (Les)

Jeux de glaces

Lingots d'or (Les)

Maison biscornue (La)

Major parlait trop (Le)

Mémoire d'éléphant (Une)

Meurtre au champagne

Meurtre de Roger Ackroyd (Le)

Meurtre en Mésopotamie

Meurtre sera commis le ... (Un)

Mort avait les dents blanches (Le)

Mort n'est pas une fin (La)

Mort sur le Nil

Motif contre occasion

Mrs Mac Ginty est morte

Mystère de Hunters's Lodge (Le)

Mystère du bahut espagnol (Le)

Mystère du vase bleu (Le)

Mystérieuse affaire de Styles (La)

N. ou M.

Némésis

Noël d'Hercule Poirot (Le)

Noyée au village (Une)

Nuit qui ne finit pas (La)

Pendules (Les)

Pension Vanilos

Plume empoisonnée (La)

Poignée de seigle (Une)

Poirot joue le jeu

Poirot quitte la scène

Pouce de saint Pierre (Le)

Poupée de la couturière (La)

Quatre (Les)

Quatre suspects (Les)

Rendez-vous à Bagdad

Rendez-vous avec la mort

Retour d'Hercule Poirot (Le)

Rêve (Le)

Sanctuaire d'Astarté (Le)

Sept cadrans (Les)

Seuil ensanglanté (Le)

Signal rouge (Le)

S.O.S.

Témoin indésirable

Témoin muet

Témoin à charge

Trio à Rhodes

T.S.F.

Train bleu (Le)

Tragédie de Mardson Manor (La)

Train de 16 h 50 (Le)

Troisième fille (La)

Vacances d'Hercule Poirot (Les)

Vallon (Le)

Vol d'un million de dollars de bons

L'homme au complet marron d'Agatha Christie est un roman, mélange de roman d'amour, de conte de fées, de roman d'espionnage et de roman d'aventure, où il ne faut rien prendre pour acquis, car il peut y avoir des rebondissements, des malentendus et des retournements de situations jusqu'à la toute dernière page.  Agatha Christie a visiblement lu beaucoup de genres de romans dans sa vie, et s'est elle-même essayé dans plusieurs genres.

Les romans d'espionnages montrent souvent des agents des services secrets de pays rivaux qui luttent pour retrouver quelque chose, que ce soit un microfilm ou une invention secrète; ou qui tentent d'éliminer des adversaires ou de découvrir des espions.  Dans L'homme au complet marron, ce sont les hommes de main d'une puissante organisation secrète, possédant des complicités dans plusieurs pays et dirigée par un mystérieux personnage, que nous voyons à l'oeuvre.  Ces louches individus aimeraient bien s'emparer des diamants De Beer et aussi faire taire la trop curieuse Anne Beddingfeld.  Plusieurs des personnages du roman ressemblent à des espions parce qu'ils vivent sous de multiples identités.

Quelques personnages du roman appartiennent à des types souvent vus chez Agatha Christie et même chez d'autres auteurs.

A commencer par Nadine, la femme qui provoque la passion chez les hommes.  Ses nombreuses identités font d'elle, en résumé, une artiste étrangère.  Elle est une danseuse ou actrice russe, née en Afrique du Sud, d'une mère hongroise.  On sait que, pour Agatha Christie, les artistes et les étrangers ont souvent de mauvais rôles.  Lire, par exemple, Le couteau sur la nuque (Jane Winkinson), Drame en trois actes (Charles Cartwright), Témoin à charge (Romaine Heilger), Le train bleu (Mireille) et Cinq petits cochons (Amyas Crale).  Souvent convoitées par de nombreux hommes, mariés ou non, les femmes comme Nadine peuvent causer la ruine ou le suicide de leurs amants, ou en faire des criminels.  Punies en tant que criminelles elles-mêmes, ou menace à l'ordre social, ces femmes connaissent, en général, un destin tragique.  Des femmes plus ou moins apparentées à Nadine existent dans l'oeuvre de nombreux auteurs, dont Simenon : Au Rendez-Vous des Terre-Neuvas (Adèle Noirhomme), La guinguette à deux sous (Mado Feinstein), Maigret au Picratt's (Arlette), Lettre à mon juge (Martine) et Train de nuit (Rita); Dashiell Hammett : Le faucon de Malte (Brigid O'Shaughnessy), La moisson rouge (Dinah Brand); Earl Derr Biggers : Le chameau noir (Shelah Fane); Émile Gaboriau : L'affaire Lerouge (Juliette Chaffour).  Nadine, qualifiée de véritable Dalila et représentée comme une traîtresse, une voleuse et une espionne est tuée dans le roman.

A l'opposé de Nadine, Anne Beddingfeld est la jeune fille courageuse, séduisante mais comme il faut, qui finit par faire un beau mariage.  C'est une sorte de Cendrillon, partie de rien, à qui tout réussit.  Il n'est peut-être pas exagéré de dire que la romancière se projetait un petit peu elle-même dans ces jeunes filles dynamiques, que l'on peut voir dans des romans comme Rendez-vous à Bagdad (Victoria Jones), Meurtre en Mésopotamie (Amy Leatheran), Destination inconnue (Hilary Craven) et Les sept cadrans ( Eileen Brent).

Pour ceux qui voient le colonel Race pour la première fois, Race n'est qu'un suspect parmi d'autres mais, comme il revient dans plusieurs romans d'Agatha Christie, dont Cartes sur tables et Mort sur le Nil, Race ne peut pas vraiment être un coupable.  Race, "le racé", c'est le militaire ou l'agent des services secrets, honnête et droit, qui participe, entre autres, à la répression des révoltes dans les colonies.  Race représente l'Empire encore triomphant.

Charles Beddingfeld, c'est le grand savant, totalement voué à sa mission, pour qui Agatha Christie avait une certaine considération.  Lire, par exemple, Poirot quitte la scène (John Franklin), Témoin muet (Rex Donaldson) et Motif contre occasion (Philip Garrod).

Les Arthur Minks, John Eardsley, Suzanne Blair et Eustace Pedler sont peut-être moins caractéristiques d'Agatha Christie, mais non moins importants en tant que personnages.

Arthur Minks, l'homme aux mille visages, illustre tout ce que les acteurs peuvent faire quand ils décident de se mettre au service du mal.  Ils ont les compétences et la mentalité pour participer à tous les mauvais coups.

Tantôt fugitif et suspect, tantôt secrétaire d'Eustace Pedler, tantôt Harry Rayburn, tantôt Harry Lucas, John Eardsley est un des champions quant au nombre d'identités, mais on peut penser que toutes les étapes vers la révélation finale ont été soigneusement planifiées par la romancière.  Tout le cheminement est logique et cohérent.  On peut se demander si, pour Eardsley, le fait de demeurer en Afrique du Sud ne représente pas, bien plus qu'un choix personnel, une sorte de purgatoire, à cause de sa jeunesse tumultueuse.  Eardsley a causé la mort de son père.

Suzanne Blair a toutes les apparences de la mondaine dépensière et superficielle, souvent dépréciée dans les romans, mais c'est sans compter sur le côté joyeux et optimiste de la personnalité d'Agatha Christie.  Suzanne Blair est sauvée par le fait qu'elle n'a pas d'amants, contrairement à Nadine, qu'elle jouit d'un solide bon sens et qu'elle "aime vraiment son mari à sa manière".

Eustace Pedler, le grand méchant de l'histoire, est inspiré, en partie, par une sorte d'aventurier, à la fois comique et tragique, le major Belcher, en compagnie duquel la romancière et son premier mari eurent l'occasion de faire un long voyage, pour préparer l'exposition coloniale de Londres de 1924.  Lire l'autobiographie d'Agatha Christie, parue vers 1980.  L'indulgence dont bénéficie Pedler, à la fin, n'est-elle pas sa récompense pour avoir mis fin aux jours de la terrible Nadine ?

Pagett, avec sa tête d'assassin de théâtre, est une sorte de suspect de convention, pour égarer un peu le lecteur.  Il aurait été décevant qu'il soit un véritable coupable.

Théoriquement, dans l'oeuvre d'Agatha Christie, les pasteurs ou les missionnaires ne devraient pas être des coupables sauf, bien entendu, si le pasteur est un faux pasteur ou le missionnaire, un faux missionnaire, comme le révérend Chichester.  Le lecteur, voyant un pasteur, dans un roman, peut certainement se demander si l'identité du pasteur est parfaitement établie.  Que sait-on de ce pasteur ?  Qui connaît ce pasteur ?

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Batani.

Vieille servante négresse de Harry Rayburn, Rayburn l'a guéri jadis de la fièvre, dévouée comme un chien, hideuse mais bonne.

Beddingfeld, Anne.

Toujours désiré des aventures, fille de Charles Beddingfeld, avec son père avait les charges matérielles, hais l'homme paléolithique, soif d'aventures et d'amour, lit des romans, orpheline, sans le sou, la plus mercantile des femmes, ressemble à une héroïne de cinéma, très jolie, beaux cheveux noirs, yeux verts, jolies jambes, aime Harry Rayburn, mourrais pour Rayburn, croit pas que Rayburn a tué Nadine, aime être brutalisée par Rayburn, jalouse de Nadine, si jeune si belle, beauté qui rend les hommes fous, faiblesse pour Eustace Pedler, épouse John Eardsley, pardonne à Sir Eustace mais pas à Nadine, a un fils avec Eardsley.

Beddingfeld, Charles.

Professeur, père d'Anne, une des plus grandes autorités scientifiques en Angleterre sur la question de l'homme primitif, génie, aucune estime pour ses contemporains, veuf depuis longtemps, au-dessus des nécessités de la vie quotidienne, avait jamais d'argent, très distrait, mort, a jamais aimé sa fille.

Blair, Clarence.

Mari de Suzanne, travaille au ministère des Affaires étrangères.

Blair, Suzanne Mrs.

Jeune femme, taille moyenne, trentaine d'années, figure ronde à fossettes, yeux bleu lumière, façons gentiment impérieuses, robes de Paris, obtient ce qu'elle veut, dame du monde très connue, mondaine, élégante, culture raffinée, humour, femme de Clarence, aime pas tellement son mari, autocrate-née, potelée et rondelette, aime vraiment son mari à sa manière, goût du luxe, amie d'Anne Beddingfeld.

Carton, L. B.

Petit homme maigrelet, visage hâlé, yeux bleus, barbiche noire, mort en tombant sur les rails du métro en étant effrayé par John Eardsley, vient d'Afrique du Sud, l'homme à la naphtaline, employé de De Beer, lâche, mari d'Anita Grundberg, complice d'Anita pour les diamants.

Chichester.

R. P., missionnaire, déplaît à Anne Beddingfeld, fausses dents, peau blanche, luisant de vertu, missionnaire de vaudeville ?, vieux raseur, acteur professionnel, déguisé en Miss Petigrew, en réalité Arthur Minks.

Eardsley, John Harold.

Fils de Laurence, ami de Lucas, vie fort dissipée, son père a plusieurs fois payé ses dettes, a volé des pierres précieuses à De Beer, arrêté, son père paya la valeur des pierres pour le faire libérer, s'est engagé dans l'armée, se battit courageusement, tué au champ d'honneur effaçant la tache de son nom ?, jettait l'argent par les fenêtres, en réalité vivant, se faisait passer pour Harry Rayburn et Harry Lucas, tient pas à l'argent, épouse Anne Beddingfeld, habite une île en Afrique avec Anne, le colonel Race garde la fortune de son père en attendant.

Eardsley, Laurence.

Sir, richissime propriétaire de mines d'or en Afrique du Sud, père de John Harold, eût une attaque après l'arrestation de son fils, mort d'une seconde attaque il y a un mois, sa fortune est passée à son plus proche parent un homme qu'il avait à peine connu : le colonel Race.

, Émilie.

Bonne à tout faire d'Anne Beddingfeld, fiancée à un marin costaud, quand il est en mer sort avec le garçon boucher et le commis de la pharmacie.

Flemming, Henri.

Notaire du professeur Beddingfeld, anthropologiste ardent, long et maigre, visage allongé, cheveux grisonnants, paternel, admirait religieusement le professeur Beddingfeld, mari de Mrs, recueille Anne Beddingfeld à la mort de son père.

Flemming, Mrs.

Femme d'Henri, grasse et placide, mère de famille et bonne ménagère, jalouse d'Anne Beddingfeld.

, George.

Grand-oncle d'Anne Beddingfeld, mari de Jane, a fait fortune dans les boutons de cuivre.

Grundberg, Anita.

Actrice, jeune et très belle, née en Afrique du Sud, mère hongroise, mystérieuse, provoque la passion, secrètement mariée à un employé de De Beer : Carton, Dalila en personne, [dépréciée], substitua les diamants volés à De Beer à ceux de Lucas et Eardsley, femme de Carton, insolente, hautaine, tuée par le colonel : Eustace Pedler, alias la danseuse Nadine.

James, Caroline.

Grande femme d'âge moyen, concierge de la Villa du Moulin, femme de John, cuisinière d'Eustace Pedler, excellente cuisinière.

James, John.

Mari de Caroline James, jardinier de Sir Eustace Pedler.

, Jane.

Grand-tante d'Anne Beddingfeld, femme de George.

Loamsley.

Marquis de, ami des Flemming, un des plus grands sportsmen d'Angleterre.

Lucas, Harry.

Ami de John Eardsley, complice du soi-disant vol des diamants, remis en liberté, a fait la guerre courageusement, blessé et disparu, père officier en retraite, père mort, aimait son père, mauvaises relations avec son père à cause de ses dettes et de sa vie effrénée, pauvre, avait aimé follement Anita Grundberg, en réalité tué à la guerre, sobre et tranquille, Eardsley se faisait passer pour lui.

Meadows.

Inspecteur de police, petit homme, rouquin, a rien d'aimable, s'est payé la tête d'Anne Beddingfeld.

Milray, Auguste.

Le plus parfait imbécile qui fasse partie du gouvernement, idiot, connaissance d'Eustace Pedler.

Minks, Arthur.

Aussi le R. P. Chichester et Miss Pettigrew, acteur de premier ordre, idiot, complice d'Eustace Pedler, alias le comte Serge Pavlovitch.

, Nadine.

Danseuse russe, a conquis Paris en coup de vent, longs yeux noirs, bouche écarlate, arrogante et hautaine, essaie de faire chanter le colonel à cause des diamants De Beer, née en Afrique du Sud, mariée, étranglée, alias Mme de Castina, visage plus blanc que nature, bouche trop peinte comme une lanterne rouge, [trop maquillée], [dépréciée], alias Mrs Grey, a fait de l'espionnage pendant la guerre, était de ces femmes qui méritent d'être tuées, [femme qui provoque la passion chez les hommes. Même personnage que Mado Feinstein], en fait Anita Grundberg.

Nasby.

Lord, grand de ce monde, directeur millionnaire du journal le Budget quotidien, possède plusieurs journaux, très connu, gros homme, grosse tête, grosse moustache, gros ventre, vocifère, engage Anne Beddingfeld comme journaliste, ne déteste pas l'effronterie.

Pagett, Guy.

Secrétaire de Sir Eustace Pedler, consciencieux, travailleur, zélé, rasant, aucun vice, air d'un empoisonneur du temps des Borgia, insupportable, entêté, figure sinistre, donne le frisson, dégoûtant, air d'un assassin, avec Sir Eustace depuis 6 ans, aime pas Anne Beddingfeld, âne bâté, marié secrètement depuis plus de huit ans, a 4 enfants, maintenant 6 enfants.

, Paméla.

Héroïne de film, extraordinaire, brave impunément tous les dangers, saute du haut des avions, navigue dans des sous-marins, grimpe sur les toits des gratte-ciel, s'aventure dans le monde des criminels.

Pavlovitch, Serge.

Comte, très svelte, très élégant, très pâle, très las, a débuté comme acteur à transformation dans un music-hall de Londres, en réalité Arthur Minks, connaissance de Nadine.

Pedler, Eustace.

Sir, membre du parlement, paisible, son but est le confort, grisonnant, aspect distingué, écrit ses mémoires, écrit son journal intime, admire la beauté d'Anne Beddingfeld, spirituel, charmeur, dit le colonel, criminel mystérieux, a essayé plusieurs fois de tuer Anne Beddingfeld, fournit des armes et des explosifs pour la révolution, assassin de Nadine, vieux coquin, en fuite, scélérat spirituel, [a tué la méchante Nadine ], [récompense pour service rendu], amusant, en Bolivie, le patron, organisait les crimes comme un autre organiserait une usine, a conçu une série de coups ébouriffants : vols de bijoux, documents forgés, espionnage, sabotage, assassinats discrets, veut prendre sa retraite, fortune immense, patron de Serge Pavlovitch et Nadine, a toujours un bouc émissaire.

Pettigrew, Miss.

Secrétaire d'Eustace Pedler, grande femme hommasse horriblement fagotée, lorgnon sur le nez, petit air capable, en réalité Arthur Minks, voir aussi R. P. Chichester.

Race.

Haute taille, cheveux foncés, visage hâlé, approche la quarantaine, tempes argentées, intéressant, colonel, intimidant, idéal de l'homme fort et bronzé, grand poste au Service secret, cousin de Laurence Eardsley, en a hérité, grand chasseur, nage dans l'or, homme de fer, muscles d'acier, demande Anne Beddingfeld en mariage, dit Eric, quand il était jeune a été trahi par une jeune fille depuis se consacre à son travail, sera un des grands de ce monde [Apparaît dans plusieurs romans : Cartes sur table, Mort sur le Nil …].

Rayburn, Harry.

Haute taille, visage bronzé, aurait été beau si une cicatrice profonde traçant une diagonale de l'œil à la mâchoire ne l'eût défiguré, nouveau secrétaire de Sir Eustace Pedler, yeux gris clair, sauvé par Anne Beddingfeld, l'homme au complet marron, brutal, ingrat, insolent, alias Harry Parker, aime Anne Beddingfeld, vrai nom Harry Lucas ?; haine contre Anita Grundberg, follement amoureux d'Anita, voulait tuer Anita, en réalité John Harold Eardsley, épaules larges, cause la mort de L.B. Carton.

Schwart.

Complice d'Eustace Pedler.

Smuts.

Général, gouverneur général de l'Afrique anglaise, mâte la révolte.

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- 1 -

[Anne Beddingfeld] [Après la mort de son père] je n'étais pas accablée de chagrin. Mon père ne m'avait jamais aimée, je ne le savais que trop. S'il m'avait aimée, je l'aurais aimé aussi. Non, il n'y avait pas eu de tendresse entre nous, mais nous formions quand même une famille; je l'avais soigné, j'avais secrètement admiré son érudition immense et son dévouement intransigeant à la science.


- 2 -

- [Anne Beddingfeld] L'Afrique, dis-je, me paraît un pays d'enfants géants.

- [Colonel Race] Vous êtes bien près de la vérité, répliqua le colonel Race. L'Afrique est grande, simple et primitive. Mais quand on y demeure longtemps, on devient cruel. On n'attache plus de prix à la vie et à la mort.


- 3 -

- [Anne Beddingfeld] […] Je ne me marierai pas, à moins d'être follement amoureuse. Dans ce cas-là, naturellement il n'y a rien qui plaise autant à une femme que faire ce qu'elle n'aime pas pour celui qu'elle aime. Plus elle est indépendante, plus ça lui plaît.

- [John Eardsley] Je ne suis pas de votre avis ! Généralement, c'est la femme qui porte la culotte.

- C'est pourquoi il y a tant de mariages malheureux ! C'est la faute des hommes. Ou bien ils cèdent aux femmes - et naturellement celles-ci les méprisent - ou bien ils sont épouvantablement égoïstes, n'en font qu'à leur tête et ne disent jamais "merci". Un bon mari force sa femme à faire ce qu'il veut, mais après il la récompense de l'avoir fait. Les femmes aiment être maîtrisées, mais encore faut-il qu'on apprécie leurs sacrifices. D'autre part, les hommes ne comptent pas avec les femmes qui sont toujours gentilles avec eux. Quand je serai mariée, je serai un diable la plupart du temps, mais au moment où mon mari s'y attendra le moins, je lui montrerai tout à coup que je sais être un ange. […]

- [Eardsley] Quelle vie de chien et de chat vous mènerez avec votre mari !

- Les amoureux se combattent toujours. Parce qu'ils ne se comprennent pas. Et lorsqu'ils arrivent à se comprendre, ils ne s'aiment plus.

[Mélange de Michelet et de Simenon]

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