L'heure zéro (1944)

Tous les titres :

A.B.C. contre Poirot

À l'hôtel Bertram

Affaire Prothéro ( L')

Aventure de l'"Étoile de l'Ouest" (L')

Aventure de l'appartement bon marché (L')

Aventure du tombeau égyptien (L')

Cadavre dans la bibliothèque (Un)

Cartes sur tables

Chat et les pigeons (Le)

Cheval à bascule (Le)

Cheval pâle (Le)

Cinq heures vingt-cinq

Cinq petits cochons

Club du mardi (Le)

Couteau sur la nuque (Le)

Crime d'Halloween (Le)

Crime de l'Orient-Express (Le)

Crime de Regent's Court (Le)

Crime du golf (Le)

Demoiselle de compagnie (La)

Destination inconnue

Dernière énigme (La)

Disparition de Mr. Davenheim (La)

Dix petits nègres

Double péché

Drame en trois actes

Énigme du testament de Mr. Marsh (L')

Enlèvement du Premier Ministre (L')

Flux et le reflux (Le)

Géranium bleu (Le)

Guêpier (Le)

Heure zéro (L')

Homme au complet marron (L')

Indice de trop (Un)

Indiscrétions d'Hercule Poirot (Les)

Jeux de glaces

Lingots d'or (Les)

Maison biscornue (La)

Major parlait trop (Le)

Mémoire d'éléphant (Une)

Meurtre au champagne

Meurtre de Roger Ackroyd (Le)

Meurtre en Mésopotamie

Meurtre sera commis le ... (Un)

Mort avait les dents blanches (Le)

Mort n'est pas une fin (La)

Mort sur le Nil

Motif contre occasion

Mrs Mac Ginty est morte

Mystère de Hunters's Lodge (Le)

Mystère du bahut espagnol (Le)

Mystère du vase bleu (Le)

Mystérieuse affaire de Styles (La)

N. ou M.

Némésis

Noël d'Hercule Poirot (Le)

Noyée au village (Une)

Nuit qui ne finit pas (La)

Pendules (Les)

Pension Vanilos

Plume empoisonnée (La)

Poignée de seigle (Une)

Poirot joue le jeu

Poirot quitte la scène

Pouce de saint Pierre (Le)

Poupée de la couturière (La)

Quatre (Les)

Quatre suspects (Les)

Rendez-vous à Bagdad

Rendez-vous avec la mort

Retour d'Hercule Poirot (Le)

Rêve (Le)

Sanctuaire d'Astarté (Le)

Sept cadrans (Les)

Seuil ensanglanté (Le)

Signal rouge (Le)

S.O.S.

Témoin indésirable

Témoin muet

Témoin à charge

Trio à Rhodes

T.S.F.

Train bleu (Le)

Tragédie de Mardson Manor (La)

Train de 16 h 50 (Le)

Troisième fille (La)

Vacances d'Hercule Poirot (Les)

Vallon (Le)

Vol d'un million de dollars de bons

Quel roman déroutant et déstabilisant que L'heure zéro d'Agatha Christie !

De nombreuses lectures avaient fait croire à l'impossibilité du divorce, dans les romans d'Agatha Christie.  Les deux seules options, pour les couples en difficultés, devaient être la réconciliation ou la mort.  Et voilà les Strange.  Audrey et Nevile Strange sont divorcés.  Nevile s'est remarié.  Normalement, Audrey et Nevile Strange devraient être morts !  Kay Strange ne devrait pas exister !

Encore plus étonnant, on nous présente comme normal le fait qu'Audrey devienne une bonne amie de Kay.  Cette dernière étant, non seulement, la deuxième femme d'un homme divorcé mais, en plus, traînant dans son sillage Edward Latimer, un ancien prétendant, un escroc au type étranger prononcé.  Tout cela n'est pas suffisant, ne voilà-t-il pas, qu'à un certain moment, Nevile Strange prétend quitter sa deuxième femme pour revenir à la première et se met à fréquenter Latimer.  C'est un peu l'anarchie.  Ce roman bouleversera-t-il complètement la compréhension que l'on pouvait avoir de la morale d'Agatha Christie ?

A partir des faits qui viennent d'être énumérés, si l'on devait établir une liste objective des suspects, cette liste comprendrait les noms de Kay et Nevile Strange et aussi celui d'Edward Latimer.  Pourquoi cette liste est-elle objective ?  Parce qu'elle est liée à un fait objectif : le divorce.  Anciennement, le divorce était considéré comme une chose très mauvaise, sur laquelle on ne pouvait pas revenir.  On ne pouvait pas divorcer "par erreur" et retourner en arrière.  On ne peut pas le savoir, au début du roman, mais beaucoup sera accompli quand on connaîtra vraiment l'identité de la personne responsable du divorce.  Audrey Strange ne fait pas partie de la première liste de suspects parce que, au commencement, elle est plutôt présentée comme la victime du divorce.  Kay est plus dépréciée.  Elle est une des responsables, parce qu'elle s'est jetée à la tête de Nevile.  Kay représente "les idées modernes".

Pourquoi Latimer fait-il partie de la liste ?  Parce que c'est "l'amant"  d'une femme mariée, qui est la deuxième femme d'un homme divorcé.  Aussi, parce qu'il est un escroc étranger et que, dans les romans d'Agatha Christie, comme Meurtre au champagne ou Le flux et le reflux, si l'on voit un personnage de ce type, on n'a pas besoin de chercher le coupable plus loin.

Les suspects peuvent, évidemment, avoir agi seul, ou être complices les uns des autres.  Nevile complice de Kay ou d'Audrey.  Latimer complice de Kay ...

La liste subjective des suspects comprend ceux qu'on croit coupable à cause d'une impression.  Ceux qui ont un air louche, un comportement bizarre.  Ceux qui sont désignés officiellement par la romancière, à cause d'une question de mobile, ou de faits qui ne sont pas sûrs et vérifiés.  Par exemple, qu'un personnage soit dans les alentours au moment d'un crime n'en fait pas automatiquement un coupable.  La plupart des gens inclus dans la liste subjective ne sont, évidemment, que des leurres destinés à égarer le lecteur.

Tout cela étant dit, on ne peut être sûr de rien tant qu'on n'a pas lu la dernière page.  Que savons-nous des autres suspects ?

Au début, Angus MacWhirter semble un honnête homme, mais on ne le connaît pas beaucoup.  Il disparaît pendant la plus grande partie du roman.  Quand réapparaîtra-t-il ?  Jouera-t-il un rôle positif ou négatif ?

On ne connaît pas beaucoup non plus Thomas Royde.  Ne pourrait-il pas vouloir exercer une vengeance quelconque ?  Être qualifié de traditionaliste et conservateur est plutôt bon pour lui.

Mary Aldin semble une personne dévouée, mais elle pourrait cacher son jeu.  Elle pourrait avoir été séduite par un mauvais homme.  Cependant, si Mary Aldin cache son jeu, elle le cache depuis longtemps, parce qu'elle a soigné son père d'abord, lady Tressilian ensuite pendant des dizaines d'années.

Jusqu'à quel point Mr.  Treves est-il sénile ?   N'aurait-il pas décidé d'imiter le juge des Dix petits nègres et de commettre des crimes à son grand âge ?

Le soit-disant Mr.  Lucan, le client que personne ne voit de l'hôtel Balmoral, est-il un malade véritable ?  Ne serait-il pas un de nos suspects vivant sous une double identité ?

Si l'on aborde un peu la question du mobile, d'habitude, quand une vieille personne riche est assassinée, il s'agit d'une affaire d'héritage.  Kay Strange aurait pu assassiner la vieille Camilla en pensant en hériter ou Audrey en voulant en hériter.  Kay est fortement dépréciée, dans le roman, ce qui plaide pour elle, dans un certain sens.  Elle est une suspecte trop visible.  Et son mari est riche.  Et le mobile ne crée pas nécessairement toujours le délit.

Après avoir fait le tour des principaux personnages, on pourrait évoquer certains événements importants qui jalonnent L'heure zéro et qui fournissent des renseignements utiles ou peuvent désigner un suspect particulier.

A la mort de lady Tressilian, les preuves matérielles semblent accuser Nevile.  S'agit-il d'un piège tendu par la romancière ou, étant donné la position de Nevile dans la liste objective des suspects, Nevile n'a-t-il pas placé lui-même ces preuves, pour se faire innocenter plus tard, par un alibi, par exemple.  Qui mieux que Nevile pouvait utiliser ses bâtons de golf et semer ses empreintes digitales partout ?  La possibilité que Nevile soit coupable existe.  C'est lui ou quelqu'un qui tente de lui nuire.

Peu avant la mort de Camilla Tressilian, Nevile s'était querellé avec elle au sujet de son idée de rompre avec Kay pour se remarier avec Audrey.  C'est un peu étonnant, de la part de Nevile, qui avait la réputation de ne jamais s'emporter.  Nevile joue-t-il un rôle ?  Nevile aurait-il assassiné lady Tressilian dans un moment de colère ?  Nevile a-t-il crié volontairement pour être entendu d'un complice ou des autres habitants de la maison ?  Cela faisait-il partie d'un plan ?  Comme d'avoir l'air suspect, en se faisant acquitter par un alibi ?

Au moment où le meurtre de Camilla est commis, Jane Barrett était, semble-t-il, droguée et endormie.  L'aurait-on droguée pour manipuler son témoignage ?  L'heure à l'horloge de sa chambre aurait-elle été modifiée ?  Elle aurait pu, de bonne foi, certifier que tel événement avait eu lieu à telle heure, alors que c'était faux.  Quand Barrett prétendait avoir vu Nevile sortir de la maison, à quoi l'avait-elle reconnu ?  Avait-elle vu son visage ou seulement ses vêtements ?  Dans le second cas, il pouvait s'agir de quelqu'un d'autre que Nevile.  Se pourrait-il que Barrett se soit droguée elle-même et ait assassiné sa patronne, pour un motif quelconque ?

Quand il rentre à l'hôtel Balmoral pour sa dernière nuit, Mr. Treves est accompagné de Latimer et de Thomas Royde.  Évidemment, un des deux derniers pourrait être responsable de la mort du vieillard, mais il est permis d'en douter.  Comme ils sont montrés sur les lieux, la possibilité existe qu'ils soient innocents.  Le coupable serait plutôt n'importe qui, sauf eux.

Il est un peu étonnant, à un certain moment, de voir Nevile se mettre à fréquenter Latimer, "l'amant" de sa femme, surtout si l'on voit la chose sous l'angle de l'alibi.  Nevile et Latimer semblaient avoir été ensemble une partie de la soirée.  Cependant, Nevile aurait cherché Latimer pendant un certain temps.  Il est possible qu'un des deux mente.  Nevile a-t-il réellement cherché Latimer ?  Latimer était-t-il réellement présent à son hôtel ?  N'était-il par plutôt en train d'assassiner Camilla ?  Ce trou dans l'alibi ne permet pas de soustraire Nevile à la liste des suspects.

L'épisode de la tentative de suicide d'Audrey ne convainc pas nécessairement de la culpabilité de celle-ci.  Il reste encore trop de pages.  Tout peut encore changer.  Plus elle est suspecte.  Plus elle doit être innocente.

L'histoire racontée par Mr. Treves, au sujet d'une jeune personne en ayant assassiné une autre d'une flèche, dans la mesure où elle n'est pas un simple fait divers sans importance, apporte deux précisions.  Premièrement, le coupable afficherait un signe distinctif.  On aura remarqué la cicatrice à l'oreille d'Audrey Strange.  Deuxièmement, il existerait un flou dans les antécédents d'au moins un des suspects.  A la suite du crime commis avec un arc, la jeune personne aurait changé de nom.  Les origines d'Audrey et de Nevile Strange sont justement assez mal connues.

Celles d'Audrey, cependant, sont implicitement mieux connues que celles de Nevile.  Audrey est une orpheline qui a été élevée par une de ses tantes.   La tante devait connaître les parents d'Audrey.  Si cette dernière avait assassiné quelqu'un, la tante l'aurait su, Thomas Royde aussi, possiblement.  De Nevile, on ne sait rien, forcément.  Matthew Tressilian considérait Nevile comme un fils adoptif, c'est-à-dire adopté.  Comment Nevile a-t-il abouti chez les Tressilian ?  Les Tressilian connaissaient-ils ses origines ?

Parlant d'origines, celles de Kay Strange ne sont pas très brillantes.  Son père avait eu une vilaine affaire de jeu et sa mère menait une mauvaise vie sur la Riviera.  Elle peut bien avoir épousé un divorcé.

Par rapport à cette histoire de divorce, on peut diviser le roman en trois parties.  Le début, où on croit que Kay et Nevile sont les responsables et Audrey la victime, jusqu'au moment où Thomas Royde affirme que c'est Audrey qui voulait quitter son mari, pour finir par réaliser la vrai part de responsabilité de chacun dans l'affaire.

Audrey pouvait bien avoir eu l'intention de se séparer de Nevile mais, au moment de la mort d'Adrian Royde, rien d'irréparable n'avait encore été commis.  Si Nevile était innocent de la mort d'Adrian, il n'avait qu'à proposer, chevaleresquement, de reprendre sa femme, en accord avec la règle qui veut que les couples en difficultés n'ont que deux choix : la mort ou la réconciliation.  C'est Nevile qui a proposé le divorce et qui s'est remarié, pas Audrey.  Kay n'a tout de même pas épousé Nevile de force.  Celui-ci, en tant qu'homme marié, avait probablement une plus grande obligation de rigueur qu'elle.  Nevile est, en fait, le plus grand responsable du divorce.  Cette constatation prépare le terrain pour la solution finale.

En plus d'être divorcé, Nevile Strange est un enfant adopté.  Or, comme on a pu le voir dans Témoin indésirable, Agatha Christie était contre l'adoption.  Pour elle, adopter des enfants est un moyen de faire entrer des criminels dans des familles honorables.  C'est ce qu'elle démontre dans ses romans.  Nevile est donc affligé de deux caractéristiques négatives.

Les origines de Nevile Strange sont nécessairement floues.  Comment est-il entré chez les Tressilian ?  On peut douter que ces derniers aient connu les véritables antécédents de Nevile.  Auraient-ils recueillis un meurtrier en toute connaissance de cause ?  S'ils l'ont fait, ils ont pris un grand risque.  S'ils ont adopté Nevile à l'aveuglette, ils ont été punis en conséquence.

Il s'avère que celui qui avait assassiné un autre garçon, dans sa jeunesse, est aussi coupable du meurtre de Camilla.  Il faut croire que meurtrier un jour, meurtrier toujours.

Finalement, ce roman est bien conforme à la théorie sur le divorce.  Agatha Christie ne pouvait pas laisser passer cet acte.  Il n'est pas étonnant de constater que celui qui était capable de divorcer était aussi capable de meurtre.  Les deux sortes de crimes étaient considérés aussi graves l'un que l'autre.

Haut de la page

Aldin, Mary.

Lointaine cousine de Camilla Tressilian; dame de compagnie de Camilla; 36 ans; traits très doux; visage sans âge; pas vilaine; excellente éducation; cheveux noirs avec une grande mèche blanche; conduit très bien; vieille fille; père décédé; avec lady Tressilian depuis 15 ans; intelligente; a un cerveau d'homme; pas conservatrice; ne vit pas dans le passé; va épouser Thomas Royde.

Amphrey, Miss.

Directrice de l'école où étudie Sylvia Battle; trop moderne; se flatte d'être "dans le mouvement"; active et consciencieuse; yeux d'un bleu très pâle; porte des lunettes à verre épais; adepte de la psychologie; [dépréciée]; folle ?

Askwith.

Notaire de Camilla Tressilian; associé de Treslawny.

Barnes, George.

Vigoureux; frère de Will; travaille au bac.

Barnes, Will.

Vigoureux; frère de George; travaille au bac.

Barrett, Jane.

Vieille; servante de lady Tressilian; dévouée; grande; maigre; cœur d'or.

Battle.

Inspecteur-chef; impassible; visage massif semblant taillé dans le chêne; honnête; fort; puissant; pas brillant mais excellent policier; père de Sylvia; mari de Mary; large main; épaules carrées.

Battle, Mary.

Femme de l'inspecteur-chef; mère de Sylvia.

Battle, Sylvia.

Fille de l'inspecteur-chef et de Mary; cadette de cinq enfants; 16 ans; ne sait pas s'amuser ?; grande; noiraude; anguleuse; très calme; toujours gentille.

Beddoes, Mrs.

Grosse; Norvégienne; fort riche ?

Bentham, Alice.

Femme de chambre de Camilla Tressilian; yeux en boules de loto.

Clay, Herbert.

Ancien patron d'Angus MacWhirter; a perdu son permis de conduire; a congédié MacWhirter parce que celui-ci ne voulait pas mentir pour lui.

Cornelly, Lord.

Richissime; excentrique; petit; tout rond; insignifiant et banal; nouvel employeur d'Angus MacWhirter.

Cotton, Edgar.

Sir; commissaire principal adjoint de Scotland Yard; ami de Robert Mitchell.

Drake, Allen.

Associé de Thomas Royde; grand.

Howe, Léonard.

Connaissance des Strange; divorcé; sa première et sa deuxième femme sont les meilleures amies du monde.

Hurstall.

Vieux; maître d'hôtel de Camilla Tressilian; désapprouve la situation des Strange.

Latimer, Edward.

Ami de Kay Strange; esbroufeur ?; jeune; un faisan ?; air d'un métèque; très bel homme; 25 ans; teint bronzé; cheveux noir de jais; grands yeux sombres; voix agréable et prenante; charmeur; danseur remarquable; n'a pas fait d'études; +- aventurier; jaloux de Nevile Strange; a le charme des Américains du Sud; dit Ted; laissé libre.

Lazenby.

D'un certain âge; médecin légiste dans le district.

Leach, James.

Inspecteur; neveu de Battle; dit Jim.

Lucan, Mr. 

Client de l'hôtel Balmoral; très malade.

Mackay, Mrs.

Propriétaire de l'hôtel de la marine à Leahead.

MacWhirter, Angus.

Suicidaire; solitaire; maladif; sa femme l'a quitté pour un autre; sans travail; honnête; ancien employé d'Herbert Clay; visage sévère; Écossais; nouvel employé de lord Cornelly; ou Andrew; ancien mari de Mona; grand; part pour le Chili; très intelligent; va épouser Audrey Strange.

Merrick.

Une des futures vedettes masculines du tennis britannique; 19 ans.

Mitchell, Robert.

Major; chef de la police locale.

, Mona.

Ancienne femme d'Angus MacWhirter; divorcée; remariée; très jolie mais sans tête.

Parsons, Olive.

Blonde; pas très soignée; joues très rouges; fossette au menton; yeux bleus très écartés l'un de l'autre; étudie à la même école que Sylvia Battle; voleuse ?

Rogers, Mr.

Ancien maître d'hôtel de lord Mounthead; mari de Mrs; propriétaire de l'hôtel Balmoral à Saltcreek.

Rogers, Mrs.

Propriétaire de l'hôtel Balmoral à Saltcreek; ancienne cuisinière du vieux lord Mounthead; femme de Mr.

Royde, Adrian.

Mort dans un accident d'auto; frère de Thomas; avocat; victime de Nevile Strange ?; Audrey Strange voulait fuir avec lui.

Royde, Mrs.

Tante d'Audrey Strange; mère de Thomas et Adrian.

Royde, Thomas.

Associé d'Allen Drake; assez lourd; visage ouvert et loyal; parle peu; marche un peu de travers; bras droit presque paralysé; en Malaisie depuis huit ans; visage tanné; frère d'Adrian; cousin d'Audrey Strange; planteur; amoureux d'Audrey ?; traditionaliste et conservateur; va épouser Mary Aldin.

Spicer, Mrs.

Âme simple; cuisinière de Camilla Tressilian.

Strange, Audrey Elizabeth.

Indolente; divorcée d'avec Nevile Strange; terriblement intelligente ?; excellente épouse; pas sportive; a été très affectée par le divorce; sensible; de taille moyenne; immatérielle; cheveux blond cendré; visage menu; teint pâle; beaux yeux gris; traits réguliers; nez droit; racée; voix adorable; petites mains; s'impose ?; orpheline; 32 ans; détachée de tout ?; née Standish; souci de la perfection; héritière de sir Matthew Tressilian; refusait la pension alimentaire de Nevile; en réalité responsable du divorce ? non; avait fui avec Adrian Royde ? non; va épouser Angus MacWhirter; [n'avait rien commis d'irréparable avec Adrian Royde].

Strange, Kay.

Deuxième femme de Nevile; 23 ans; remarquablement belle; grande et mince; grands yeux noirs; magnifiques cheveux brun roux; jolie peau; à peine maquillée; aime pas Camilla Tressilian; [victime ou coupable ? non]; pour le divorce; déteste Audrey; dépréciée; moderne et vulgaire ?; son père a eu une vilaine affaire de jeu; père décédé; mère bien connue sur la Riviera; responsable de tout ?; née Mortimer; mariée depuis un an; responsable du divorce ? non; beauté radieuse; [aura moins d'argent que prévu en héritage : punition].

Strange, Nevile Henry.

Parfaitement heureux; beau garçon; 33 ans; bon joueur de tennis; santé superbe; très connu; athlète complet; possède beaucoup d'argent; mari de Kay; héritera de la fortune de sir Matthew Tressilian à la mort de Camilla; marié pendant huit ans à Audrey; divorcé; trop beau joueur ?; chic type; ne s'énerve jamais; Matthew Tressilian le considérait comme son fils adoptif; [qui sont ses véritables parents ?]; regrette son divorce ?; était le petit garçon qui a tué un autre gamin d'une flèche; meurtrier de Camilla Tressilian; responsable de la mort de Mr. Treves; fou; le petit doigt de sa main gauche est sensiblement plus court que celui de sa main droite; responsable de la mort d'Adrian Royde ?; voulait faire pendre Audrey; sera interné ?

Treslawny.

Notaire de Camilla Tressilian; associé d'Askwith; d'un certain âge; grand et distingué.

Tressilian, Camilla.

Vieux crampon; a l'usufruit sa vie durant de la fortune de sir Matthew; lady; veuve de Matthew; nez interminable; aime pas Kay Strange; plus de 70 ans; admet pas le divorce; contemporaine de la reine Victoria; santé délicate; vivacité de l'esprit; sympathie pour Audrey; a des manières d'une noblesse quasi royale; tuée; contre les idées modernes; victime de Nevile Strange.

Tressilian, Matthew.

Sir; ancien tuteur de Nevile Strange; décédé; ancien mari de Camilla; adorait la mer; mort noyé; juge.

Treves, Mr.

Près de 80 ans; plein d'expérience; esprit encore alerte; autorité en matière de criminologie; retiré des affaires; voix fluette; porte des lunettes; malade du cœur; air fragile; avoué ou avocat; absorbé par ses pensées; décédé; célibataire; victime de Nevile Strange.

Waldes, Emma.

Femme de chambre de Camilla Tressilian; grande; a la voix comme un filet de vinaigre.

Williams.

Agent de police; sérieux; jeune.

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- 1 -

- [Lady Tressilian] […] Quand j'étais jeune fille, ces choses-là n'arrivaient pas. Les hommes n'étaient pas toujours fidèles, mais on ne leur permettait pas de divorcer …

- [Mary Aldin] Maintenant, on le leur permet …

- Oui … Et ce n'est pas mieux comme ça ! … Je sais bien qu'il ne sert à rien de regretter le temps passé, mais, enfin, ces choses-là n'arrivaient pas autrefois !… Aujourd'hui, elles arrivent et des filles comme cette Kay Mortimer peuvent voler les maris des autres femmes et tout le monde trouve ça très bien !

- Sauf vous ! 


- 2 -

- Oui, reconnut Kay, mais tu [Nevile] ne nous montres que ta main gauche, et à droite, ton petit doigt est beaucoup plus long. La main gauche révélant les dons qu'on a reçus en venant au monde et la main droite le parti qu'on a tiré d'eux, l'examen de tes mains prouve que tu n'étais pas égoïste à ta naissance et que l'es devenu … 


- 3 -

- [Mr. Treves] Il [Edward Latimer] a un crâne d'une forme très particulière et fort intéressante. Ce n'est pas très visible à cause de sa coupe de cheveux, mais l'angle de la nuque est très curieux … et très rare. Le dernier homme que j'ai vu avec un crâne comme celui-ci a récolté dix ans de travaux forcés. Il avait sauvagement assommé un vieux bijoutier …


- 4 -

- Mr. Treves rappela une série de crimes horribles dont on avait beaucoup parlé deux ans auparavant.

- L'homme qui a assassiné ces enfants, poursuivit-il, la police le connaît. Sans l'ombre d'un doute. Il n'empêche qu'elle est impuissante. Son alibi a été certifié par deux personnes. On sait que cet alibi est faux, mais on ne peut le prouver. Alors, le meurtrier continue à circuler librement ! [Ressemble au Crime de l'Orient-Express]

Thomas Royde secoua les cendres de sa pipe et dit, de sa voix grave et réfléchie :

- Voilà qui confirme ce que j'ai toujours soutenu : il y a des cas où l'on est en droit de substituer aux tribunaux.

- Comment cela, monsieur Royde ?

Tout en bourrant sa pipe avec application, Thomas, en phrases hachées, expliqua sa pensée :

- Supposez que vous veniez à connaître … une franche fripouille, un crime odieux … et que vous sachiez que celui qui l'a commis … n'aura pas à en répondre devant les juges … et qu'il échappera donc au châtiment … Je tiens qu'à ce moment-là … vous avez le droit … de prendre la loi en main … et de faire justice !

- Doctrine dangereuse ! dit Mr. Treves. Votre acte ne peut se justifier.

- Je ne vois pas pourquoi, puisque je pose en principe que les faits sont prouvés et que c'est seulement la loi qui est impuissante !

- On n'a pas le droit de se faire justice soi-même !

- Ce n'est pas mon avis ! répliqua Royde.

Et, avec un bon sourire, il ajouta :

- Pour moi, si un homme méritait qu'on lui coupe la tête, je prendrais sans hésiter la responsabilité de la lui couper ! 

- Et vous auriez des comptes à rendre à la justice !

- Qui vous les demanderait , mon cher Thomas, fit Audrey, car vous seriez vite découvert !

- Je n'en suis pas sûr. Je suis même persuadé du contraire …

[Justice populaire ou expéditive.  Beaucoup utilisé dans les romans d'Agatha Christie et chez d'autres auteurs de romans policiers.]

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